Ictus amnésique et syndrome d’apnée obstructive du sommeil : étude rétrospective portant sur une cohorte strasbourgeoise de 204 patients - 17/03/24

Résumé |
Introduction |
L’ictus amnésique (IA), caractérisé par la survenue brutale d’une amnésie antérograde, reste un syndrome mal compris. Les mécanismes physiopathologiques sous-jacents sont possiblement liés à une pathogénie plurifactorielle.
Objectifs |
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) pourrait être impliqué dans l’IA. Dans cette étude, la présence d’un SAOS a été évaluée en lien avec les caractéristiques de l’IA.
Méthodes |
Cohorte de patients majeurs avec IA (critères Hodges et Warlow remplis) suivis en consultation de la mémoire au CHU de Strasbourg entre 01/03/2015 et 31/12/2021. Les données démographiques des patients, les caractéristiques cliniques et paracliniques de l’IA et les éléments cliniques d’un SAOS ont été recueillis sur dossiers médicaux. L’index apnée hypopnée (IAH) était relevé quand une polygraphie ventilatoire (PV) ou polysomnographie (PSG) avaient été réalisées. Une analyse en composante principale (ACP) est réalisée.
Résultats |
Deux cent quatre patients ont été inclus avec des résultats démographiques (âge, facteurs de risque IA) et caractéristiques (facteur précipitant, horaire et saison de survenue) de l’IA cohérents avec la littérature. Cent sept (52,5 %) patients ont eu une exploration du sommeil avant (21), dans les suites ou à distance de l’IA (86). Quarante-huit pourcent de la cohorte présente un SAOS avec IAH≥5/h. Cinquante-huit virgule neuf pourcent des patients explorés présentent un SAOS modéré ou sévère (IAH≥15/h). L’ACP identifie 4 sous-groupes, le SAOS est associé au terrain cardio-vasculaire (Fig. 1 et Fig. 2).
Discussion |
Notre cohorte suggère une surreprésentation du SAOS qui pourrait être un lien entre les différentes hypothèses physiopathologiques du fait qu’il :
– génère une vulnérabilité hippocampique, en particulier CA1 via un stress oxydatif ;
– perturbe l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien ;
– provoque une hyperactivité sympathique et une dysfonction endothéliale ;
– majore les pressions intracrâniennes ; provoquant l’IA post facteur déclenchant.
Conclusion |
Ces résultats suggèrent un lien entre SAOS et IA, nécessitant confirmation par des études prospectives multicentriques plus larges pouvant également étudier l’impact d’un traitement du SAOS sur les éventuelles récidives.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Vulnérabilité hippocampique, Syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil, Ictus amnésique
Plan
Vol 180 - N° S
P. S167-S168 - avril 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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