Faire face à une cyberattaque : retour d’expérience d’une unité de reconstitution des chimiothérapies - 13/03/24
, Isabelle Lombard, Cécile Cadot, Farahna SamdjeeRésumé |
Introduction |
Il y a près d’un an, notre établissement a été victime d’une cyberattaque, nous privant ainsi de tout matériel informatique et de l’ensemble de nos logiciels métiers. L’unité de reconstitution des chimiothérapies (URC) fonctionnant habituellement en « zéro papier » revient sur l’ensemble des processus ayant permis le maintien de son activité.
Matériels et méthode |
Dans un contexte de nombreuses cyberattaques hospitalières, le circuit de l’URC étant entièrement informatisé, nous avions mené une réflexion sur les dispositions à prendre afin d’assurer la continuité des soins. Au niveau opérationnel, des sauvegardes des logiciels CHIMIO® et PHARMA® étaient réalisées quotidiennement sur un serveur dédié pour être réinstallées en cas de besoin sur des ordinateurs indépendants non connectés au réseau. Un stock de fiches de fabrication avec étiquettes avait également été constitué afin de remplacer notre logiciel de contrôle vidéo DRUGCAM® par un double-contrôle visuel. Enfin, le suivi des températures des réfrigérateurs par sonde était doublé par des disques papier.
Résultats et discussion |
Cette anticipation nous a permis de poursuivre la production des chimiothérapies de façon sécurisée. Quelques ajustements ont cependant été nécessaires. La présence d’un seul ordinateur hébergeant CHIMIO® hors réseau pour tout l’établissement a obligé les médecins à se déplacer avec les dossiers papiers des patients pour prescrire, nécessitant une validation pharmaceutique en temps réel avec ce même dossier. L’administration des traitements ne pouvant plus être réalisée informatiquement par les infirmières, celle-ci a été paramétrée de manière automatique dans le logiciel. Par ailleurs, après quelques commandes réalisées en urgence dans un autre hôpital de notre groupement de territoire afin d’assurer la continuité des approvisionnements en anticancéreux, la sauvegarde de PHARMA® a permis de conserver le lien avec les fournisseurs. Les commandes étaient imprimées, scannées sur téléphone portable puis envoyées via une adresse mail générique créée jusqu’à récupération du fax. Après un inventaire global initial, les sorties des flacons étaient faites périodiquement et manuellement afin de garder un stock PHARMA® à jour. Au final, aucune baisse d’activité n’a été observée avec 1643 préparations le mois suivant la cyberattaque contre 1619 à la même période l’année précédente. Seulement quelques patients ont été transférés devant les difficultés rencontrées par les services de réanimation et de biologie médicale.
Conclusion |
Grâce à la réflexion anticipée d’un fonctionnement en mode dégradé, la nouvelle organisation de l’URC a été mise en place très rapidement et n’a donc pas été le facteur limitant la prise en charge des patients. La sauvegarde du logiciel CHIMIO® non cryptée a été un élément essentiel pour la sécurité du patient. Une bonne cohésion des équipes pharmaceutiques et médicales a permis une gestion optimale de la crise. Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée, mais la préparation et la mise en situation sont des facteurs clés que nous conseillons fortement pour tout établissement de santé.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anticipation, Cyberattaque, Organisation dégradée, Préparation des chimiothérapies
Plan
Vol 59 - N° 1
P. e14-e15 - mars 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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