Fractures de la base du premier métacarpien traitée par embrochage percutané - 07/12/23
, Mohamed Moussadiq, Mohamed Haddou, Yassine Fath El Khir, El Mehdi Boumdiane, Said Aziz, Mohamed Amine Benhima, Imad AbkariRésumé |
Les fractures de la base du premier métacarpien sont des lésions graves par leurs complications fonctionnelles pouvant entraver l’opposition du pouce ; mouvement indispensable pour la préhension de la main. La prise en charge thérapeutique est basée sur la réduction orthopédique et l’embrochage percutané le plus souvent selon différentes méthodes. Le but de notre travail est d’évaluer les résultats fonctionnels de nos patients.
Nous avons mené une étude rétrospective concernant 100 patients ayant une fracture de la base du premier métacarpien colligés au service de traumatologie-orthopédie B CHU MED VI de Marrakech sur une période de 10 ans allant de janvier 2011 au décembre 2021. L’âge moyen de nos patients est de 29 ans avec des extrêmes allant de 15 ans à 52 ans avec une nette prédominance masculine 83 %, le côté droit était le plus touché. Les accidents de la voie publique constituent l’étiologie la plus fréquente de cette fracture suivie par les chutes et les agressions. Un bilan radiologique comportant une radiographie de la main de face et de profil a permis de déterminer 60 fractures de Bennet à gros fragment ; 10 fractures de Bennet à petit fragment ; 15 fractures de Rolondo et 15 fractures extra-articulaires. La réduction orthopédique suivie d’un embrochage percutané était la méthode thérapeutique la plus utilisée, 97 embrochages d’Iselin, 2 embrochages de Tibiana et un patient traité selon la technique d’embrochage de Johnson.
Le recours à la réduction sanglante n’a été réalisé que chez trois patients.
Nous avons évalué les résultats fonctionnels de nos malades selon le score fonctionnel de Nonnemacher basé sur des critères objectifs : la mobilité du pouce en abduction et en antépulsion ; la stabilité articulaire et la force musculaire du pouce en préhension et des critères subjectifs : l’importance de la douleur et le degré de satisfaction du malade. Les résultats morphologiques ont été évalués après contrôle radiologique en recherchant les signes de consolidation, la présence ou l’absence du cal vicieux, la rétraction de la première commissure et le degré d’arthrose de l’articulation trapézo-métacarpienne. Nous avons obtenu 72 % d’excellents et de bons résultats, 18 % de résultats acceptables tandis que les mauvais résultats ont représenté 10 %.
La prise en charge thérapeutique est très variée : la réduction selon Gedda est une composante essentielle du traitement de la fracture du premier métacarpien bien qu’un défaut de réduction peut s’accompagner de bons résultats selon Griffiths. Pour Dunaud, la réduction anatomique exacte est la condition sine qua none pour éviter une marche d’escalier facteur d’usure rapide du cartilage qui conduit à la rhizarthrose post-traumatique. L’embrochage trapézo-métacarpienne selon la méthode de Wagner ou Wiggins est une transfixion directe de la TM mais présente selon Iselin l’inconvénient de ne pas maintenir un écart commissural maximum. L’embrochage inter-métacarpien d’Iselin consiste à former à l’aide de deux broches non parallèles un couple indéformable fixant le premier métacarpien au deuxième dans la position désirée avec écartement maximum de la première en antépulsion. La méthode de Tubiana, très voisine de celle d’Iselin est utilisée en cas de gros fragment, la broche proximale dans cette méthode passe dans le foyer de fracture. Notre préférence s’est portée sur la méthode d’Iselin en raison de sa simplicité, sa fiabilité et ses résultats globaux satisfaisants en général.
Les fractures de la base du premier métacarpien sont des lésions graves par leurs complications fonctionnelles. Elles exposent à la rizhartrose. La prise en charge thérapeutique vise à rétablir l’anatomie et la physiologie de la première colonne de la main. L’embrochage d’Iselin est simple et assure une consolidation en bonne position, compatible avec une fonction normale du pouce.
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Vol 42 - N° 6
P. 573-574 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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