Manifestations gynéco-obstétricales au cours des maladies systémiques : étude de 110 observations au Sénégal - 30/11/23

Résumé |
Introduction |
Les maladies systémiques (MS) sont susceptibles d’intéresser l’appareil gynéco-obstétrical. Par ailleurs, certains troubles gynécologiques, en particulier la ménopause est non seulement responsable de la survenue de troubles climatériques, mais expose également à un risque accru d’ostéoporose, de troubles métaboliques, cardiovasculaires et de MS auto-immunes, en particulier le syndrome de Gougerot-Sjögren primitif (SGSP).
Objectif |
Étudier le profil épidémiologique des manifestations gynécologiques et obstétricales des MS dans un service de rhumatologie au Sénégal.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective, réalisée dans le service de rhumatologie du CHU Aristide Le Dantec, entre janvier 2012 et septembre 2022 où nous avons colligé les observations de MS associées à des manifestations gynéco-obstétricales. Le diagnostic des MS avait été établi en accord avec leurs critères de classifications usuels. Celui des manifestations gynécologiques et obstétricales après un avis spécialisé par un gynéco-obstétricien. Pour chaque observation, avaient été analysées les données épidémiologiques (sexe, âge), le type de MS et celui des manifestations gynéco-obstétricales.
Résultats |
Ainsi, 110 observations avaient été colligées, chez des femmes d’âge moyen de 38 ans (extrêmes : 14 ans et 66 ans). Les MS étaient auto-immunes chez 91 patientes dont polyarthrite rhumatoïde (PR) : 66 cas, SGSP : 18 cas et lupus systémique (LS) : 7 cas et non auto-immunes chez 19 patients (exclusivement des spondyloarthrites). Les MS auto-immunes étaient associées à la présence d’anti-SSA : 21 cas, d’anti-SSB : 12 cas et d’antiphospholipides : 2 cas. Les manifestations gynécologiques dont certaines étaient associées chez une même patiente étaient dominées par la sécheresse génitale : 40 cas (36,3 %), suivies des troubles de la fertilité : 17 cas (15,4 %) (7 infertilités, 10 stérilités), la pathologie tumorale : 16 cas (14,5 %) (dont myome utérin : 10 cas, cancer utérin : 4 cas, tumeur ovarienne : 1 cas et cancer du sein : 1 cas), troubles du cycle : 9 cas (8 %) (dont oligo-ménorrhée : 4 cas, spanioménorrhée : 3 cas et aménorrhée antérieure : 2 cas) et ménopause précoce : 5 cas (4,5 %). Les manifestations obstétricales étaient dominées par les avortements à répétition : 56 cas (50,9 %) dont 53 cas au 1er trimestre et 3 cas au 2e trimestre), suivies des dystocies traitées par césariennes : 26 cas (23,6 %), des mort-nés : 6 cas (5,4 %), le décès néonatal : 5 cas (4,5 %), la rétention d’œuf clair : 5 cas (4,5 %) et les prématurés : 3 cas (2,7 %). Le traitement était médical, notamment celui du traitement de fond des MS (hydroxychloroquine : 108 cas, méthotrexate : 103 cas, corticoïdes : 98 cas, salazopyrine : 8 cas, azathioprine : 3 cas, anticoagulants : aspirine et héparine de bas poids moléculaire : 2 cas) et chirurgical : césarienne, myomectomie, hystérectomie. L’évolution était favorable. Aucun décès n’était à déplorer.
Conclusion |
Notre série est restreinte. Elle montre cependant un polymorphisme des manifestations gynéco-obstétricales au cours des maladies systémiques. L’atteinte gynécologique était dominée par la sécheresse génitale suivie des troubles de la fertilité et celle obstétricale par les avortements à répétition et les dystocies.
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Vol 90 - N° S1
P. A225-A226 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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