Douleur neuropathique post-prothèse de hanche et du genou : prévalence et facteurs de risques - 30/11/23
Résumé |
Introduction |
La douleur chronique post-chirurgicale concerne environ 10 à 30 % des patients opérés. Parmi ses mécanismes, l’origine neuropathique par lésion nerveuse ou sensibilisation centrale constitue une des étiologies de douleur post-chirurgie prothétique notamment de la hanche (PTH) ou du genou (PTG).
L’objectif de notre étude était d’évaluer la prévalence et les facteurs associés à la douleur neuropathique postopératoire chez des patients opérés pour PTH ou PTG.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude transversale (juillet 2022 à juillet 2023) incluant des patients opérés par une PTH ou PTG pour arthrose primaire ou secondaire.
Nous avons recueilli les données sociodémographiques, les comorbidités, l’indication de la prothèse et les modalités thérapeutiques postopératoires (analgésie, rééducation, psychothérapie).
L’intensité de la douleur a été évaluée par l’échelle visuelle analogique (EVA) de 0 à 100.
La douleur neuropathique (DN) a été évaluée par l’échelle DN4 (DN si DN4 ≥ 4) et/ou le pain DETECT (DN si ≥ 19).
La qualité de vie des patients était évaluée par l’échelle SF36 (variant de 0 : mauvaise qualité à 100 bonne qualité de vie).
Résultats |
Cinquante-six patients (26 femmes et 30 hommes), d’âge moyen 49,21±16,28 ont été inclus. Les patients étaient diabétiques dans 33,9 %, hypertendus dans 35,7 % et avaient une fibromyalgie dans 17,9 % des cas. La majorité des patients étaient porteurs de PTH (85,7 %) et 14,3 % avaient une PTG.
La cause de la chirurgie prothétique était: une arthrose primaire dans 30,4 % des cas et une arthrose secondaire dans 62,5 % des cas : 35,7 % pour rhumatisme inflammatoire chronique (RIC) (spondyloarthrite, polyarthrite rhumatoïde), 21,4 % pour ostéonécrose aseptique, 5,4 % pour séquelles d’arthrite septique et dans un cas pour chondrocalcinose articulaire.
La DN était notée chez 25 % des patients selon DN4 et/ou le pain DETECT.
L’EVA douleur était de 65,38±16,13 chez les patients ayant une DN.
Le score de la qualité de vie (SF36) était en moyenne de 62,9±20,19 [25–94,8].
Une assistance psychologique post chirurgie a été rapportée par 33,9 % des patients.
Selon l’étude statistique, les facteurs de risque associés à la DN étaient l’EVAdouleur (p=0,00), le score SF36 (p=0,001) et la fibromyalgie (p=0,005).
Sur le plan thérapeutique, l’absence de la DN était associée la prise en charge psychologique des patients (p=0,015).
Il n’y avait pas de corrélation significative entre la présence de douleur neuropathique et l’âge, le genre, la présence de RIC, le diabète ou le siège de la prothèse.
Conclusion |
La présence de DN post chirurgie prothétique semble fréquente (25 %) avec un risque plus important au cours des RIC. Une prise en charge optimal est nécessaire pour améliorer la qualité de vie des patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 90 - N° S1
P. A20 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

