Impact du blocage du métabolisme de la sphingosine 1-phosphate sur les manifestations spondyloarthritiques dans le modèle d’enthésopathie des souris TgA86± - 30/11/23

Résumé |
Introduction |
Nous avons souhaité valider in vivo nos hypothèses suggérant une implication du métabolisme de la sphingosine 1-phosphate (S1P) dans l’inflammation et l’ossification ectopique de l’enthèse. La S1P est un lipide bioactif impliqué dans l’homéostasie osseuse et dans des physiopathologies ostéoarticulaires ; son taux est notamment plus élevé dans le sérum des patients atteints de spondyloarthrite (SpA). Nous avons utilisé un modèle d’enthésopathies de type SpA : les souris TgA86±. Le premier objectif était d’évaluer l’impact du blocage de l’axe S1P sur les manifestations arthritiques et, en particulier, sur la néoformation osseuse pathologique. Le deuxième objectif est de caractériser les modulations du métabolisme de la S1P au niveau systémique et dans une enthèse atteinte et de les corréler avec les phénomènes osseux articulaires.
Matériels et méthodes |
Trois groupes de 15 souris ont été comparés : wild-type, TgA86± et TgA86± traitées par un inhibiteur pharmacologique général de la voie S1P : le Fingolimod (0,1mg/kg/jour dans l’eau de boisson). Des scores cliniques ont été réalisés pour juger de l’évolution des manifestations de type SpA, axiales et périphériques, pendant 30 semaines (souris âgées de 5 à 35 semaines). Des mesures de longueur de la queue et d’épaisseur de la patte postérieure ont été réalisées après 10, 20 et 30 semaines de traitement. Des analyses d’immunohistologie et d’histomorphométrie osseuse sont en cours.
Résultats |
Les atteintes axiales des souris TgA86± se manifestent dès l’âge de 4 semaines par des courbures de la queue. Le nombre et l’angle des courbures augmentent rapidement jusqu’à 8 semaines, puis une ankylose s’installe progressivement. Les atteintes périphériques touchent les quatre membres, plus tardivement et plus graduellement (progression des semaines 6 à 24). À partir de la semaine 13 et jusqu’au sacrifice (semaine 35), les souris traitées par le Fingolimod ont des scores cliniques légèrement inférieurs (d’environ 5 % ; p=0,27±0,15). Les pattes postérieures des souris TgA86± sont significativement enflées (+0,135mm à 30 semaines ; p=0,01), et leur queue est bien plus courte à cause de ses nombreuses courbures (p=0,01). Le Fingolimod ne paraît pas avoir d’effet sur le gonflement des articulations, mais semble légèrement atténuer le raccourcissement de la queue (−1,8cm avec Fingolimod versus −2,3cm sans traitement, à 30 semaines ; p=0,07).
Discussion |
Dans nos conditions expérimentales, l’effet du blocage de l’axe S1P par le Fingolimod sur les manifestations spondyloarthritiques des souris TgA86± semble faible, mais bénéfique, avec une légère réduction des signes cliniques, particulièrement axiaux. Nous supposons que la néoformation osseuse conduisant à l’ankylose pourrait être impactée, ce qui est en cours d’analyse.
Conclusion |
Nos résultats préliminaires nous encouragent à poursuivre ce travail de caractérisation du métabolisme de la S1P dans l’inflammation et l’ossification ectopique de l’enthèse, pour une meilleure compréhension des enthésopathies.
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Vol 90 - N° S1
P. A180-A181 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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