Intérêt du DAS28-γGT dans l’évaluation de l’activité du risque cardiovasculaire dans la polyarthrite rhumatoïde en pratique courante - 30/11/23
, F. Picard 2, S. Hamroun 1, M. Saadi 2, C. Macher 3, A. Deloumeau 4, K. Wahbi 2, J. Blacher 3, Y. Allanore 1, J. Avouac 1Résumé |
Introduction |
Le DAS28-γGT pourrait avoir un intérêt pour évaluer à la fois l’activité de la polyarthrite rhumatoïde (PR) et le risque cardiovasculaire (CV) [2, 1]. Notre objectif a été d’analyser le risque CV de patients atteints de PR sélectionnés sur la base de leur score DAS28-γGT et évalués par un cardiologue.
Patients et méthodes |
Etude prospective observationnelle portant sur des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde adressés en consultation de cardiologie sur la base d’un score DAS28-γGT>5,5 [1]. Le critère de jugement principal était le diagnostic de maladie athéromateuse coronarienne et/ou carotidienne. Les critères de jugement secondaires étaient : (1) la prescription d’examens complémentaires (écho-doppler des TSA et coroscanner) par le cardiologue à l’issue de la consultation et (2) l’intervention thérapeutique du cardiologue (introduction d’aspirine ou de statine, introduction/modification du traitement hypertenseur).
Résultats |
Sur une période de 12 mois, 46 patients (34 femmes, 74 %) ont été vus en consultation de cardiologie. Leur âge moyen était de 64±8 ans, avec une durée de la maladie de 17±13 ans ; 36 patients FR+, 39 patients ACPA+ et 31 avec érosions. Parmi ces patients, 30 (65 %) étaient diabétiques et/ou avaient un SCORE>5 %. Le DAS28-γGT et le DAS28-CRP de ces patients étaient de 8,4±1,6 et 2,7±0,9 respectivement. Ces patients avaient 2,5±1,0 facteurs de risque CV (14 HTA, 3 diabètes de type 2, 11 dyslipidémies) et 14 (47 %) avaient un ECG anormal. Un diagnostic de maladie athéromateuse coronarienne et/ou carotidienne a été fait chez 8 patients (27 %) dans cette population à risque. Des examens complémentaires ont été demandé pour 20 patients (67 %) et une intervention thérapeutique du cardiologue a été nécessaire chez 14 patients (47 %). Seize patients (35 %) avaient un SCORE<5 %. Ces patients étaient plus jeunes (59±6 ans vs. 67±7 ans, p<0,001), plus fréquemment des femmes (12/16, 75 % vs. 18/30, 60 % p=NS) et avaient une maladie plus active que le groupe précédent (DAS28-CRP 3,8±1,3 vs. 2,7±0,9, p=0,002). Ils avaient également un recours aux corticoïdes plus important (13/16, 81 % vs. 15/31, 48 %, p=0,030), un nombre plus faible de facteurs de risque CV (1±0,5 vs. 2,5±1,0, p<0,001) et d’anomalies ECG (3/16, 19 % vs. 14/30, 47 %, p=0,064). La durée de la maladie et la fréquence du recours à un traitement ciblé n’étaient pas significativement différentes. Dans ce groupe, une maladie athéromateuse coronarienne et/ou carotidienne a été diagnostiquée chez 4 patients (25 %). Des examens complémentaires ont été demandé pour 8 patients (50 %) et une intervention thérapeutique du cardiologue a été prescrite pour 3 patients (19 %).
Conclusion |
L’adressage à un cardiologue à partir du score DAS28-γGT>5,5 a été pertinent, identifiant 65 % de patients avec un SCORE>5 %. Il a également permis d’identifier un groupe particulier de patients à risque CV qui n’auraient pas été adressés à un cardiologue sur la base du SCORE et/ou de la présence de facteurs de risque CV, et dont le risque pourrait être attribuable à l’activité inflammatoire de la PR. Le score DAS28-γGT est donc pertinent pour l’identification de patients atteints de PR à risque CV.
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Vol 90 - N° S1
P. A133 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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