Impact sur la pratique des gestes échoguidés d’une formation universitaire à la rhumatologie interventionnelle - 30/11/23
, P. Arnolfo 1, J. Gross 2, J. Maillet 3, G. Cormier 4, S. Varin 4, B. Le Goff 1Résumé |
Introduction |
Même si l’échographie fait maintenant partie de la formation de tout rhumatologue, les gestes échoguidés demandent l’acquisition de compétences spécifiques. L’objectif de l’étude était d’évaluer l’impact sur la pratique à court et moyen terme d’une formation en rhumatologie interventionnelle sous échographie associant un enseignement théorique en e-learning, 5jours de pratique sur cadavres et la réalisation des gestes en autonomie.
Matériels et méthodes |
Un questionnaire Google Form a été transmis par e-mail aux médecins ayant validé la formation entre 2016 et 2022 (n=211). Nous avons recueilli leur spécialité, leur type d’activité (libérale, hospitalière ou mixte) et leur pratique des gestes sous échographie avant et après la formation. Les statistiques ont été réalisées avec SPSS.
Résultats |
Entre mai 2023 et juillet 2023, 111 médecins (52 %) ont répondu (7 mails non remis, 2 médecins n’exerçant plus, 91 absences de réponse) : 75 % étaient rhumatologues, 14,4 % médecins du sport et 8 % médecins généralistes. Au moment de l’enquête, 51 (46,4 %) exerçaient en libéral, 40 (36,4 %) exerçaient à l’hôpital et 19 (17,3 %) avaient une activité mixte. Un tiers d’entre eux avaient changé d’activité par rapport à l’année de réalisation du DIU (majoritairement pour un passage de l’hôpital à une activité libérale). Environ 2/3 des participants (n=73, 65,8 %) réalisaient déjà des gestes sous échographie avant la formation et 110 (99 %) en réalisaient toujours au moment de l’évaluation. Les médecins pratiquaient significativement plus de gestes par semaine après la formation (p<0,0001) et la diversité des gestes était également plus grande (en moyenne, 12 gestes différents pratiqués avant versus 29 après la formation [p<0,0001]). L’analyse du type de gestes réalisés en post-formation a permis d’identifier 2 clusters de praticiens: ceux qui réalisaient un grand panel de gestes (« grands infiltrateurs ») et ceux qui réalisaient un nombre plus restreint (« petits infiltrateurs »). Il n’y avait pas de différence entre ces deux groupes concernant la spécialité ou le type d’activité. Le fait de faire des gestes avant la formation était associé au profil « grand infiltrateur » (p=0,015) ainsi qu’un nombre plus élevé de gestes par semaine en post-formation (p=0,001). Il est cependant intéressant de noter que parmi les étudiants qui ne réalisaient pas de gestes avant la formation, 50 % étaient devenus des « grands infiltrateurs » au moment de l’enquête. Après la formation, certaines infiltrations restaient peu réalisées: insertion distale du long biceps, ischiojambiers, nerf cutané latéral de la cuisse, piriforme et articulation temporo-mandibulaire, principalement par manque de recrutement (72,2 %).
Conclusion |
L’évaluation a permis de montrer que les médecins avaient diversifié leur pratique et continuaient à réaliser des gestes sous échographie après la formation quel que soit leur type d’activité. Parmi les médecins qui ne faisaient aucun geste avant la formation, la moitié d’entre eux pratiquaient après une grande diversité de gestes. Cette étude montre l’intérêt d’une approche multimodale dans l’enseignement des gestes échoguidés.
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Vol 90 - N° S1
P. A107 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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