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Variations historiques autour des corps cétoniques - 04/11/23

Historical variations around ketone bodies

Doi : 10.1016/j.mmm.2023.07.002 
Jean-Louis Schlienger
 Université de Strasbourg, faculté de médecine, Strasbourg, France 

Jean-Louis Schlienger, 8, rue Véronèse, 67200 Strasbourg, France.8, rue VéronèseStrasbourg67200France

Résumé

Trouvés en abondance dans l’urine des patients en coma diabétique au cours du XIXe siècle, l’acétone et les autres corps cétoniques – acide β-hydroxy-butyrique et acide acéto-acétique – ont été tenus pour responsables du coma et considérés comme des composés toxiques. Ce n’est qu’au début du siècle suivant que le mécanisme de leur production par la β-oxydation des acides gras a été découvert par Franz Knoop, et que leur rôle dans le métabolisme énergétique a été compris. À partir des années 1930, les études physiologiques de la cétogenèse et de la cétolyse ont démontré l’origine hépatique des corps cétoniques et la possibilité de leur utilisation extra-hépatique par les tissus – dont le cerveau, le myocarde et les muscles striés – comme alternative au glucose. Produits dans toutes les situations de carence en glucides, notamment au cours du jeûne ou en l’absence d’insuline, ils ne sont pas intrinsèquement toxiques tant que leur accumulation n’entraîne pas d’acidose, ce qui ne survient qu’en cas de déficit insulinique sévère. De fait, tous les sujets en bonne santé présentent une cétonémie physiologique. Rassurés quant à la toxicité des corps cétoniques, les cliniciens se sont aperçus de façon pragmatique que leur production en excès pouvait être bénéfique. C’est ainsi que des régimes cétogènes ont été mis au point pour traiter l’épilepsie et l’obésité. L’hypercétonémie euglycémique pourrait s’avérer intéressante dans d’autres domaines, comme l’insuffisance cardiaque ou les cancers. Ni anges ni démons, les corps cétoniques ont probablement un avenir en thérapeutique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Found in abundance in the urine of patients with a diabetic coma in the XIXth centuries, acetone and other ketone bodies–β-hydroxybutyric acid and acetoacetic acid–were at first considered as toxic compounds. At the beginning of the following century, the mechanisms of their production by the β-oxidation of fatty acids were discovered by Franz Knoop, and their role in the energy metabolism was understood. In the 1930s, studies of the physiology of ketogenesis and ketolysis demonstrated the hepatic origin of ketone bodies and their rapid extrahepatic use by tissues–including the brain, myocardium, and striated muscles–as an alternative to glucose. They are produced in all situations of carbohydrate deficiency, especially during fasting or in the absence of insulin, and are not inherently toxic as long as their accumulation does not lead to acidosis which only occurs in severe insulin deficiency. In fact, all healthy subjects have physiological ketosis. Reassured about the toxicity of ketone bodies, clinicians realized pragmatically that their excess production could be beneficial. This is how ketogenic diets have been developed to treat epilepsy and obesity. Euglycemic hyperketonemia could be interesting in other areas such as heart failure or cancer. Neither angels nor demons, ketone bodies probably have a future in therapeutics.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Histoire de la médecine, Corps cétoniques, Cétogenèse, Régime cétogène, Thérapeutique

Keywords : Medicine history, Ketone bodies, Ketogenesis, Ketogenic diet, Therapeutics


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Vol 17 - N° 7

P. 594-600 - novembre 2023 Retour au numéro
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