Risque de rupture immédiate et différée des implants céramiques dans les prothèses totales de hanche chez les patients présentant une fracture périprothétique ou un descellement post-traumatique du cotyle - 20/05/23
Risk of simultaneous and delayed breakage of total hip replacement ceramic implants in patients with trauma induced periprosthetic fracture and acetabular shell loosening

Résumé |
Contexte |
La rupture d’un implant en céramique (RIC) dans le cadre d’une prothèse totale de hanche (PTH) est un incident rare. Cependant, il existe une confusion entre le comportement mécanique fragile des matériaux céramiques (absence de déformation plastique/fragilité), et la fragilité au sens commun (facile à casser/ténacité), qui entretient l’idée que les traumatismes sont responsables des RIC. Bien que plusieurs auteurs identifient des traumatismes comme cause de RIC, le fait que la force nécessaire à la rupture puisse être atteinte en un seul traumatisme in-vivo fait débat. Nous avons donc mené une enquête rétrospective visant à déterminer le risque de RIC à la suite d’un traumatisme majeur, défini comme une fracture périprothétique du fémur (FPPF) ou un descellement post-traumatique du cotyle (DPTC), dans le cadre d’une PTH avec un couple céramique-céramique (CoC).
Hypothèse |
Les forces d’impact responsables de FPPF et DPTC, qui sont probablement les forces les plus importantes subies par les patients, ne sont pas suffisantes pour induire une RIC immédiate, au moment du traumatisme, ou différée.
Matériel et méthodes |
Nous avons mené une étude rétrospective sur 31 patients avec un PTH CoC (62 implants en céramique, 31 inserts cotyloïdiens et 31 têtes fémorales) ayant subi une FPPF ou un DPTC entre janvier 2010 et janvier 2022. Nous avons examiné les dossiers et les radiographies au moment du traumatisme et lors du dernier suivi. Nous avons rapporté les RIC immédiates, et celles survenant sur les implants céramiques préservés après la prise en charge chirurgicale jusqu’au du dernier suivi (RIC différées). Ces traumatismes sont survenus chez 9 hommes et 22 femmes. L’âge médian était de 75 ans [20–97 ans]. Il y avait 28 FPPF et 3 DPTC. Le délai moyen entre la PTH et le traumatisme était de 91,2±67 mois [2,4–240 mois].
Résultats |
Sur les radiographies préopératoires et après confirmation peropératoire, nous ne signalons aucune RIC immédiate sur les 62 implants en céramique. Le traitement a consisté en une ostéosynthèse pour 20 patients avec préservation des deux implants en céramique pour les fractures Vancouver A, B1 et C, 8 révisions de la tige avec préservation de l’insert acétabulaire pour les fractures Vancouver B2 et B3 et 3 révisions du cotyle pour un implant double mobilité avec changement de la tête en céramique pour les DPTC. Ainsi, un total de 48 implants en céramique sont restés implantés (28 inserts cotyloïdiens et 20 têtes fémorales). Au dernier suivi (médiane=36 mois [6–100 mois]), aucun patient n’a présenté de RIC différée.
Discussion |
Les traumatismes majeurs responsables de FPPF ou de DPTC chez les patients porteurs d’une PTH CoC n’ont entraîné aucune RIC immédiate. Les forces d’impact lors de ces traumatismes ne sont donc pas suffisantes pour induire une rupture immédiate des implants en céramique. Lors d’un suivi médian de 3 ans, nous n’avons retrouvé aucune RIC différée. La RIC étant un événement rare, un suivi plus long et une étude de cohorte plus importante sont nécessaires pour déterminer si un seul traumatisme à fort impact peut initier et favoriser la propagation d’une fissure dans le matériau céramique conduisant à une rupture. Compte tenu de la résistance mécanique élevée des implants en céramique et de l’absence de RIC pendant ou après un traumatisme majeur dans notre étude, les patients porteurs de PTH CoC ne devraient pas être limités dans leur activité quotidienne pour prévenir la RIC.
Niveau de preuve |
II ; étude de cohorte rétrospective.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Couple de frottement céramique, Rupture de céramique, Prothèse totale de hanche, Fracture périprothétique du fémur, Descellement post-traumatique du cotyle
Plan
| ☆ | Ne pas utiliser, pour citation, la référence française de cet article, mais celle de l’article original paru dans Orthopaedics &Traumatology: Surgery & Research, en utilisant le DOI ci-dessus. |
Vol 109 - N° 4
P. 556-561 - juin 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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