Évaluation du suivi des recommandations françaises sur la prise en charge des dermohypodermites bactériennes non nécrosantes : enquête sur l'évolution des pratiques en 3 ans - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
La Haute Autorité de Santé a publié en 2019 des recommandations concernant la prise en charge des dermohypodermites bactériennes non nécrosantes. L'objectif de notre étude était d'évaluer le suivi de ces recommandations dans un Centre Hospitalier Universitaire Français sur les 3 années suivant leur diffusion.
Matériels et méthodes |
Etude rétrospective monocentrique sur dossiers de patients admis aux urgences pour prise en charge d'une DHBNN entre avril 2019 et avril 2022. Les données étaient analysées sur trois périodes (N+1, N+2, N+3). Étaient considérées comme adéquates l'utilisation de l'amoxicilline en première ligne et de pristinamycine ou clindamycine en cas d'allergie aux pénicillines, une posologie d'amoxicilline de 50 mg/kg/j±10% (non évalué pour les prescriptions d'autres antibiotiques) et une durée de traitement comprise entre 6 et 8 jours.
Résultats |
Cent cinquante patients étaient inclus toutes périodes confondues (50 par année). Il s'agissait de 87 femmes (58%) et 63 hommes (42%). La moyenne d'âge de l'échantillon était de 77 ans (30-99). Cent-vingt-sept patients (85%) avaient ≥ 65 ans et l'IMC moyen était de 31,9 kg/m2 (16,7-64,5). Le membre inférieur était le site le plus souvent atteint.
Le choix de l'antibiotique de première ligne était jugé adéquat chez 130 patients (87%) sans différence significative selon les périodes analysées. Il s'agissait de l'amoxicilline dans 105 cas. Dix-sept patients avaient une prescription d'amoxicilline associée à l'acide clavulanique, 16 de la pristinamycine et 10 de la clindamycine. Les deux raisons principales de la non-prescription d'amoxicilline étaient la notion d'allergie aux pénicillines et l'absence d'évolution favorable au bout de 48-72 heures d'amoxicilline. La posologie d'amoxicilline était adéquate chez 62 patients (59%) toutes périodes confondues et dans 49%, 62% et 68% des cas sur les années N+1, N+2, N+3 respectivement (n.s.). La durée de l'antibiothérapie était de 7±2 jours et conforme aux recommandations dans 67% des cas toutes périodes confondues. Elle était adéquate dans 56%, 69% et 77% des cas sur les années N+1, N+2, N+3 respectivement. Une différence de pratique statistiquement significative était notée entre la période N+1 et N+3 (p = 0,03).
Concernant les mesures associées, la surélévation du membre était évoquée dans seulement 6 observations médicales, la prescription d'une contention veineuse pendant l'hospitalisation et au décours était proposée chez 38 patients et la vérification de la vaccination antitétanique dans 48 cas. Une porte d'entrée cutanée était retrouvée et traitée chez la plupart des patients (80%). Pour la prévention des récidives, une antibioprophylaxie était indiquée chez 21 patients. Elle était mentionnée dans le traitement de sortie de 9 d'entre eux.
Conclusion |
Les recommandations relatives à la prise en charge des DHBNN ne semblent respectées que partiellement en situation de vie réelle même si on observe une augmentation du taux de leur suivi dans le temps. Nous avons également pu observer que les mesures de prévention secondaire ne sont encore que peu appliquées ce qui soulève l'intérêt de la mise en place d'outils spécifiques.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S47 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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