Colonisation urinaire et antibiothérapie: évaluation des pratiques dans un centre hospitalier universitaire - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) est l'analyse bactériologique la plus réalisée en milieu hospitalier. La Société de pathologie infectieuse de langue française définit la colonisation urinaire (CU) comme étant la présence dans les urines d'une bactérie uropathogène en l'absence de signes fonctionnels urinaires (SFU), contrairement aux infections urinaires (IU). Ces CU peuvent être à l'origine d'un mésusage des antibiotiques (ATB) aboutissant à des conséquences écologiques notables. L'objectif de ce travail est d'évaluer la proportion de CU traitées par antibiotique chez des patients hospitalisés dans un centre hospitalier universitaire (CHU).
Matériels et méthodes |
Cette étude rétrospective monocentrique a inclus tous les patients ayant un ECBU positif entre le 22/07/2022 et le 07/08/2022. Les données suivantes ont été collectées: l'âge, le sexe, l'antibiothérapie prescrite, la présence de sonde urinaire (SU), de confusion (CF), de globe vésical (GV) ou encore de SFU. L'identification bactérienne a été réalisée par le laboratoire de microbiologie du CHU. Les patients immunodéprimés, les femmes enceintes ainsi que les patients ayant une infection intercurrente ou une chirurgie programmée ont été exclus.
Résultats |
Sur la période, 75 patients ont été inclus (âge moyen: 69±23ans, sex-ratio F/H=1,6 (n=53/32)). Sur le plan clinique, on retrouve des SFU dans 29% (n=22) des cas, une CF dans 11% (n=8) des cas et un GV dans 29% (n=22) des cas. Sur le plan microbiologique, parmi les germes identifiés (n=79), on retrouve 85% (n=67) d'entérobactéries: Escherichia coli est la bactérie la plus fréquemment isolée (52%, n=41). On note que 43% (n=32) des ECBU positifs sont issus d'un SU. Au total, les IU représentent 56% (n=42) de notre échantillon pour 44 % (n=33) de CU. Parmi les CU, 15% (n=5) ont été traitées en probabiliste impliquant la prescription de céphalosporines de 3e génération dans 80% (n=4) des cas. Après documentation bactériologique, plus de 63% (n=21) des CU sont traitées par ATB: 19% (n=4) par amoxicilline-acide clavulanique, 14% (n=3) par une fluoroquinolone, 10% (n=2) par pipéracilline-tazobactam et 5% (n=1) par céfixime.
Conclusion |
Les résultats de notre étude montrent qu'une part non négligeable de CU est traitée à tort. Les signes cliniques d'une IU sont inconstamment retrouvés induisant un doute diagnostic, principalement chez les personnes âgées, conduisant à traiter. Dans ce cas, l'utilisation d'ATB à large spectre est à risque de générer des résistances, notamment via l'acquisition de bêta-lactamases à spectre étendu chez les entérobactéries. La lutte contre l'antibiorésistance est un enjeu de santé publique, ainsi, nous devons sensibiliser les cliniciens afin que le diagnostic ne repose pas uniquement sur des résultats microbiologiques mais sur un faisceau d'arguments clinico-biologiques. L'objectif étant d'épargner l'utilisation d'ATB pourvoyeurs de résistances.
Aucun lien d'intérêt
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S42 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
