Etude COCOVIH: réduction de la consommation de soin en France et analyse du parcours de soin en 2019. - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
Cette partie de l'étude COCOVIH décrit la consommation et le parcours de soin des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en 2019. Les résultats princeps (mortalité, poids des comorbidités, population traitée) ont été antérieurement communiqués.
Matériels et méthodes |
La cohorte de PVVIH 2006-2019, dont 50% diagnostiqués avant 2006, est extraite du SNDS. Elle est appariée (1:1) date à date à une cohorte témoin selon l'âge et le sexe. L'analyse porte sur les populations cas et témoins en vie au 31 décembre 2019. Sont évalués le parcours médical et paramédical, ainsi que les couts des consommations de soins et leur répartition hospitalière et ambulatoire. Les analyses statistiques sont effectuées par régressions multivariées en modèle de poisson et modèle de régression linéaire.
Résultats |
Un total de 148 737 PVVIH et leurs témoins ont été analysés. La répartition géographique des témoins est proche de celle décrite par l'INSEE. 87% des PVVIH sont en ALD 7. La répartition régionale des PVVIH se concentre en île de France. L'âge moyen est de 49 ans. Deux tiers sont masculins. Les PVVIH consultent plus un médecin hospitalier dans l'année (76% vs 17%). Les proportions de PVVIH hospitalisés sont plus du double en MCO (28.5% vs 10.4%), en SSR (1.7% vs 0.8%), en PSY (1.1% vs 0.4%) en HAD (0.2% vs 0.1%) ainsi que les passages aux urgences (16.8% vs 7.1%). Les consultations sont plus fréquentes en médecine générale (4.3 vs 2.4) ou spécialisée (2.5 vs 1.7) ainsi qu'en soin infirmier (7.9 vs 2.8) ou en kinésithérapie (3.9 vs 2.5). Après ajustement sur leurs profils et leurs comorbidités les PVVIH ont 2.13 fois plus de consultations médicales et 2.03 fois plus de recours paramédicaux. La probabilité de consulter est 27 fois plus élevée, d'avoir un recours paramédical 7 fois, et plus en province qu'en île de France,
Dans l'année les PVVIH n'ayant eu aucune consultation sont 3.5% vs 48.1%, ceux n'ayant eu aucun recours paramédical 28.5% vs 73.3%.
Les arrêts maladie sont plus fréquents (12% versus 7%).
En 2019 la dépense de soins moyenne d'un PVVIH s'établit à 12 523,60€ vs 2 445,20€ pour les témoins soit un fardeau économique de 10 078,40€.
Les dépenses ambulatoires, principal poste de dépense, comptent pour 78,5 % du fardeau économique du VIH. La dépense annuelle pharmacie s'établit à 7 409,30€ versus 330,10€ en groupe témoin, pour un différentiel de 7079,20€. Les ARV représentent 80,0 % des dépenses. Les dépenses liées au VIH sont estimées à 10 013€ après ajustement sur le profil et les comorbidités.
Conclusion |
Les PVVIH sont deux fois plus hospitalisés et ont deux fois plus de contact avec le secteur libéral. Les trois quarts ont consulté un médecin hospitalier dans l'année. Ajustée sur leurs profils et leurs co-morbidités, la sollicitation des professionnels ambulatoires est le double de la population générale. L'infection à VIH multiplie par cinq les dépenses de soins. La dépense ambulatoires compte pour 78.5% de ce fardeau dont les antirétroviraux assument 80% de la dépense pharmacie. Cette dépense de soins per capita a diminué de plus de 15% entre 2010 et 2019.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S152 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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