Vécu du premier examen gynécologique - Quels sont les facteurs qui peuvent l'influencer - 20/04/23

Résumé |
Introduction |
En France, le suivi gynécologique ne fait pas l'objet de recommandation de fréquence, d’âge et de pratique hormis pour le dépistage organisé du cancer du col de l'utérus et du cancer du sein. Le Collège national des gynécologues-obstétriciens français préconise une consultation annuelle dès le début de l'activité sexuelle, pourtant 20 % des femmes n'ont pas de suivi régulier. Il est particulièrement important pour les 15-25 ans en termes de préventions multiples. La littérature a montré que le premier examen gynécologique (PEG) était mal ressenti et impactait négativement le suivi ultérieur. A notre connaissance, les études qui se sont intéressées au vécu du PEG sont pour la plupart étrangères, qualitatives et anciennes. Objectifs Déterminer la perception du PEG, définir les facteurs modifiables/non-modifiables influençant sa perception et son impact sur le suivi gynécologique ultérieur.
Méthodes |
Etude observationnelle transversale conduite du 25/03/2021 au 25/06/2021 par questionnaire anonyme via les réseaux sociaux auprès des femmes françaises de plus de 15 ans qui avaient déjà eu un examen gynécologique suite à une consultation gynécologique réalisée en France. Principales variables recueillies: socio-démographiques, contexte de la consultation (facteurs non-modifiables: âge du PEG, professionnel consulté, motif, activité sexuelle débutée ; facteurs modifiables: informations préalables, nudité, actes réalisés et consentements, position lors du PEG, présence/identité d'un accompagnant et consentement), ressenti suite à ce PEG suivi gynécologique. Critère de jugement principal : Vécu du PEG à l'aide d'une échelle de Likert en quatre points (Très bon/Plutôt bon/Plutôt mauvais/Très mauvais). Les items « Très bon/Plutôt bon » et « Plutôt mauvais/Très mauvais » ont été regroupés en « Bon », « Mauvais ».
Résultats |
Au total, 7847/9870 répondantes ont été incluses (79,5 %). 87,9 % avaient entre 20-25 ans. 36,7 % conservaient un vécu négatif du PEG. Les facteurs non-modifiables qui révélaient un mauvais vécu étaient: l’âge au PEG <15 ans (54,3 % versus 45,7 %, p<0,001), l'absence d'activité sexuelle antérieure (64,2 % versus 34,8 %, p<0,001), le consultant (gynécologue 40,8 % versus 59,2 %, p<0,001; sage-femme 10,1 % versus 89,9 %, p<0,001), son genre (homme 64,1 % versus 35,9 %, p<0,001), l'absence de consultation antérieure au PEG (76,6 % versus 23,4 %, p<0,001). Les facteurs modifiables étaient: l'absence d'information sur les gestes effectués (86,3 % versus 13,7 %, p<0,001), l'impossibilité de se déshabiller à l'abri du regard (69,8 % versus 30,2 %, p<0,001), la nudité totale (53,4 % versus 46,6 %, p<0,001), l'absence de recherche de consentements avant tout geste (86,2 % versus 13,8 %, p<0,001), la position gynécologique (87,9 % versus 12,1 %, p<0,001) et la présence d'un accompagnant non souhaitée (70,7 % versus 29,3 %, p<0,001).; 45,7 % de celles qui conservaient un mauvais vécu avaient un suivi gynécologique ultérieur irrégulier (versus 36,2%, p<0,001) ; 53,6 % versus 6,6 % envisageaient de moins consulter (p<0,001), 88,3 % versus 22,1 % de changer de praticien (p<0,001), 72,9 % versus 10 % (p<0,001) appréhendaient un examen suivant (p<0,001).
Conclusion |
Contrairement à la littérature étrangère, les françaises ont plutôt un vécu satisfaisant du PEG mais souhaitaient appliquer des changements quant à son déroulement. En revanche, nos résultats issus corroborent la littérature sur l'identification des facteurs modifiables : ils sont simples à mettre en œuvre et portent principalement sur l'information en amont, la nudité/position lors de l'examen et la recherche du consentement avant tout geste.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Examen gynécologique, Vécu, Facteurs d'influence
Vol 71 - N° S2
Article 101785- mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.