P104 - Facteurs de risques, impacts et conséquences des violences au travail chez les femmes professionnelles de santé: une revue systématique - 20/04/23
, L. Cousin Cabrolier 1, 2, O. Chassany 1, 2, F. Marcellin 3, I. Yaya 1, 2, M. Duracinsky 1, 2, 4Résumé |
Introduction |
La violence au travail est répandue dans le secteur de la santé et reste un problème majeur causant des préjudices importants, allant des dommages corporels et psychologiques à la mort. Les femmes constituent une part importante de la force de travail en santé et sont exposées à un risque élevé de violences au travail. Peu d’études s'intéressent explicitement aux violences envers les professionnelles de santé. Cette absence limite la mise en place d'actions ciblées pour ces femmes. Cette revue systématique a pour objectif d'identifier les facteurs de risque de la violence au travail envers les professionnelles de santé, décrits dans la littérature.
Méthodes |
Nous avons effectué une recherche systématique des articles publiés entre le 1er janvier 2010 et le 1e mars 2022 dans PubMed, SCOPUS et Web of Science. La qualité des études incluses a été évaluée en utilisant « The Joanna Briggs Institute (JBI) checklist ». Nous avons estimé quantitativement la prévalence combinée de violence au travail et l'intervalle de confiance associé (IC) à 95%, puis décrit qualitativement les facteurs associés et les effets des violences au travail.
Résultats |
À partir des résultats des 29 études retenues (24 quantitatives, quatre qualitatives et une méthode mixte) provenant de 20 pays, la prévalence globale de la violence au travail a été estimée à 34,6 % chez les femmes professionnelles de santé (IC à 95 %: 34,1-35,1 %). Les types de violence envers les professionnelles de santé comprenaient les insultes (les plus courants), les menaces verbales, les agressions physiques, le harcèlement sexuel, le harcèlement moral, les brimades et la discrimination. Les auteurs des violences étaient des patients, les familles de patients, des collègues et des supérieurs. Les infirmières étaient la catégorie de travailleurs de la santé la plus étudiée. La violence au travail affectait la santé mentale (stress psychologique) et physique (maladies et blessures). L'âge, l'état civil, une position professionnelle inférieure, l'abus de substances, une expérience professionnelle plus courte et un faible soutien au travail des collègues sont les principaux facteurs sociodémographiques et organisationnels associés à un risque plus élevé de violence au travail.
Conclusion |
La violence au travail est prévalente chez les professionnelles de santé, mais n'a pas été suffisamment étudiée. Des actions telles que l'élaboration de politiques ciblées, des formations sur la désescalade des violences, ainsi que la communication et le soutien de la direction, doivent être mises en œuvre pour lutter contre la violence au travail dans le secteur de la santé et prévenir son impact négatif sur les professionnelles de santé et l'ensemble du système de santé. Des recherches supplémentaires sont également nécessaires pour mieux documenter la violence au travail dans les catégories professionnelles autres que les infirmières.
Mots clés |
Violence au travail , Facteurs associés , Personnel de santé , Santé publique , Revue systématique
Déclaration de liens d'intérêts |
Les auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 71 - N° S2
Article 101749- mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
