Encéphalopathie éthylmalonique à 33 ans - 28/03/23
Résumé |
Introduction |
L’encéphalopathie éthylmalonique a été décrite en 1991, et son gène en cause ETHE1 en 2004. Elle est en général découverte dans les 7 premiers mois de vie, avec une espérance de vie pouvant difficilement atteindre 10 ans.
Observation |
Ici je vous présente le cas d’une encéphalopathie éthylmalonique chez un patient de 33 ans. Le patient présentait des troubles digestifs à type de diarrhées depuis ses premières années de vies. Il s’en est suivi des troubles praxiques mineurs à partir de ses 6 ans, sans autre anomalie physique remarquable jusque là. Ce n’est qu’à l’âge de 20 ans qu’apparaît de façon progressive des troubles de la marche avec une rigidité spastique des membres inférieurs. Des analyses sont alors menées, avec une IRM cérébrale retrouvant une hyperintensité des putamens et des noyaux caudés (Fig. 1). La chromatographie des acides organiques urinaires retrouve un pic d’éthylmalonate, d’isobutylglycine et d’isovalérylglycine. Le dosage des acylcarnitine retrouvait également un profil compatible avec une SCAD. Finalement une analyse génétique en exome a mis en évidence la présence de deux variants rares sur le gène ETHE1 à l’état hétérozygote composite (c.442 C>T et c.79 C>T.), confirmé par ségrégation chez les 2 parents à l’état hétérozygote. Le patient sera alors traité par métronidazole et N-acétyl cystéine à partir de 2020. Il présente cependant une décompensation en début d’année 2021 avec perte de la marche. S’y ajoute une neuropathie optique bilatérale avec déficit visuel, incriminant le métronidazole. Celui-ci est rapidement arrêté, puis un traitement par riboflavine et coenzyme Q est mis en place.
Discussion |
Après consultation d’un centre de référence à Padoue (Italie) et une réunion de concertation pluridisciplinaire neurométabolique du grand Ouest, le N-acétyl cystéine est également arrêté, et il est discuté de la possibilité d’une greffe hépatique. Le patient récupère finalement complètement sur le plan visuel, et commence à reprendre la marche, sans modification particulière du traitement. Le projet de greffe hépatique est donc mis en suspend de ce fait avec pour but de suivre l’évolution clinique en cours.
Conclusion |
Il s’agit donc d’un des très rare cas d’encéphalopathie éthylmalonique à l’âge adulte.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Adulte, ETHE1, Encéphalopathie éthylmalonique
Plan
Vol 179 - N° S
P. S39-S40 - avril 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

