Spondylodiscites infectieuses multifocales : quelles particularités ? - 18/12/22
Résumé |
Introduction |
Les spondylodiscites infectieuses (SPDI) sont des infections ostéoarticulaires rares mais leur incidence est en constante augmentation. Les formes osseuses multifocales intéressant deux segments osseux non contigus sont exceptionnelles et généralement observées chez les patients multitarés et immunodéprimés. L’objectif de notre étude est de décrire les aspects cliniques, biologiques, radiologiques et thérapeutiques de la SPDI multifocales.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective et descriptive portant sur 10 cas de SPDI multifocales colligées dans un service de rhumatologie sur une période de 6 ans [2016–2022]. Les données cliniques, biologiques, radiologiques et bactériologiques ont été recueillies.
Résultats |
Notre population est composée de 3 hommes et 7 femmes. Deux patients étaient tabagiques. L’âge moyen est de 51,6 ans [27–67 ans]. Le diabète était retrouvé dans 4 cas. La durée d’évolution était en moyenne de 6 mois [2–12 mois]. Des rachialgies étaient notées chez tous les patients. L’altération de l’état général était présente dans 7 cas, la fièvre dans 2 cas et des sueurs nocturnes dans 7 cas. Des radiculalgies étaient rapportées dans 2 cas. Des troubles de la marche étaient objectivés dans 1 cas et une anomalie des reflexes ostéoarticulaires dans 3 cas. Un syndrome inflammatoire biologique était présent dans 9 cas. L’atteinte était bifocale dans 9 cas repartit comme suit : cervicale et dorsale (n=1) ; cervicale et lombaire (n=1) ; dorsal et lombaire (n=4) ; dorsale et sacré (n=2) et lombaire et sacré (n=1). Une atteinte dorsale, lombaire et sacré était notée dans un seul cas.
La radiographie standard montrait un pincement discal dans 8 cas, une irrégularité des plateaux dans 8 cas, des érosions dans 4 cas et une fracture vertébrale type tassement dans 1 cas.
L’imagerie par résonance magnétique était pratiquée dans tous les cas. Elles montraient des anomalies du signal des plateaux vertébraux avec irrégularités (n=9), un pincement discal (n=9), des érosions et des géodes (n=9), un abcès intra canalaire (n=1), un abcès per vertébral (n=6), une épidurite (n=1). La compression médullaire n’a pas été notée dans notre série.
Une porte d’entrée était identifiée seulement dans 2 cas (pulmonaire et dentaire).
Une biopsie disco-vertébrale était réalisée dans 4 cas et était positive dans 2 cas. L’origine tuberculeuse était retenue dans 7 cas, brucellienne dans 1 cas ; à pyogène (staphylococcus aureus) dans 1 cas et indéterminée dans 1 cas. Tous les patients ont bénéficié d’un traitement par antibiothérapie et 3 patients ont eu un geste chirurgical.
La durée d’hospitalisation moyenne était de 39±18,3jours [9–61jours].
Une évolution favorable était notée chez 9 patients et seulement un seul cas a présenté une intolérance digestive aux antituberculeux.
Une imagerie de contrôle après 3 mois était faite dans 9 cas ayant montré une stabilité des lésions dans 5 cas ; une régression dans 3 cas et un bloc vertébral dans un cas.
Conclusion |
Notre étude a montré que la SPDI multifocale intéresse plutôt les étages dorsaux et lombaires avec une nette prédominance de l’origine tuberculeuse. Bien que les complications de cette maladie puissent être graves, une prise en charge médicochirurgicale bien codifiée peut améliorer le pronostic de cette infection comme le montre notre étude.
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Vol 89 - N° S1
P. A234-A235 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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