Médecine complémentaire et traditionnelle chez les patients suivis pour affections musculosquelettiques : pratiques, causes et résultats - 18/12/22
, L. Tahiri 1, S. Bahloul 1, H. Rkain 1, R. Razine 2, S. Elhilali 2, Z. Zeghari 2, S. Ez-Zaoui 1, S. Farih 1, T. Eljoumani 1, R. Honsali 1, N. Alami 1, F. Allali 1Résumé |
Introduction |
Le recours des patients suivis pour maladies musculosquelettiques (MMS) au traitement par la médecine complémentaire et traditionnelle (MCT) a gagné en ampleur ces dernières années. Les connaissances médicales sur ces pratiques étant limitées chez les rhumatologues, une enquête a été menée avec comme objectif de définir la prévalence, les causes et les résultats de la pratique de la saignée (Cupping therapy), de l’apithérapie et des points de feu chez nos patients rhumatisants, et de définir les facteurs associés à l’utilisation de ces différentes méthodes de MCT.
Matériels et méthodes |
Il s’agit d’une étude observationnelle descriptive et analytique monocentrique de patients suivis pour MMS à l’hôpital universitaire AL AYACHI spécialisé en rhumatologie et en médecine physique et réadaptation fonctionnelle au niveau de la région Salé, Maroc, allant du mois de mai 2022 au mois de août 2022. Nous avons inclus dans cette étude 100 patients. Le consentement de la population étudiée était libre et éclairé. Le questionnaire a été élaboré par l’équipe médicale de rhumatologie, fait par entretien individuel comprenant les caractéristiques démographiques, cliniques et des pratiques de la MCT. L’analyse des données a été faite par le logiciel Jamovi version 2.3.
Résultats |
L’âge moyen des patients était de 52,3 ans ± 12,8, dont 25 (25 %) étaient des hommes et 75 (75 %) étaient des femmes. Cinquante et un pour cent des patients étaient analphabètes et le revenu mensuel familial était inférieur au salaire minimum interprofessionnel garanti chez 52 %. Au total, 84 (84 %) patients étaient issus du milieu urbain, 43 (43 %) des patients avaient un rhumatisme inflammatoire chronique. Quarante-six (46 %) ont déjà utilisé au moins une pratique de MCT pour guérir leur maladie dont 36 (36 %) ont fait la saignée ; 9 (9 %) ont eu recours à l’apithérapie et 16 (16 %) ont eu des points de feu. Neuf (9,1 %) patients ont déjà eu un effet indésirable à une de ces pratiques. La perception d’efficacité de ces méthodes de MCT par les patients : saignée, piqûres d’abeilles, points de feu était respectivement de 38,9 %, 20 % et 5,9 %. Au total, 13,3 % des patients ayant fait des études universitaires ont eu recours à au moins une des pratiques de médecine complémentaire, contre 49 % des patients analphabètes avec une valeur de p significative (p=0,02). Le recours à la saignée était significativement plus élevé chez les patients suivis pour des maladies inflammatoires (46,5 %), par rapport aux patients suivis pour des pathologies dégénératives (27,7 %) (p=0,05).
Discussion |
L’utilisation de la MCT est très fréquente dans notre contexte, avec un recours plus élevé à la saignée et une meilleure efficacité à cette dernière selon nos patients. Par ailleurs, le recours à la pratique d’une MCT était plus élevé chez les patients avec un bas niveau d’instruction, mais n’était pas influencé par l’âge, le sexe, le lieu d’habitat, le niveau de revenu des patients et l’ancienneté de la maladie.
Conclusion |
Ce travail fait ressortir la fréquence importante d’utilisation de le MCT chez nos patients d’où le besoin d’augmenter le niveau d’information des médecins et d’éducation thérapeutique des malades vis-à-vis de ces méthodes pour éviter les effets indésirables et une utilisation non structurée.
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Vol 89 - N° S1
P. A192-A193 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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