Utilisation ambulatoire de la kétamine : focus sur les régions Est de la France - 11/12/22

Résumé |
Introduction |
La kétamine est une substance réservée à l’usage hospitalier et dans certaines situations d’urgence médicale. Depuis 2010, et suivant les recommandations des bonnes pratiques de l’ANSM (ex Afssaps), la kétamine peut être prodiguée à titre dérogatoire dans le traitement de douleurs rebelles mixtes. Malheureusement, l’augmentation d’un usage détourné de la kétamine à des fins de consommation toxicomane, incite à mieux documenter l’utilisation qui est faite de ce produit. Dans ce contexte, une enquête a été mise en place auprès des pharmacies à usage intérieur (PUI) des centres hospitaliers par le réseau français d’addictovigilance, afin d’évaluer la rétrocession de médicaments contenant de la kétamine au niveau national. Dans la présente étude, seuls les résultats concernant la prescription de kétamine sur les régions Est de la France ont été analysés.
Matériel et méthode |
Une étude prospective menée de janvier à avril 2019 a été réalisée auprès des pharmacies à usage intérieur (PUI) sur les dispensations de kétamine pour des patients ambulatoires.
Résultats |
Vingt-huit PUI ont dispensé de la kétamine à 321 patients dans le traitement de leurs douleurs, dont la majorité dans un contexte hors soins palliatifs (84 % des patients). Les douleurs non cancéreuses principalement concernées sont de type fibromyalgie (49 %), neuropathiques (21 %) et postopératoires (7 %). Dans 96 % des cas, le prescripteur initial de la kétamine était un membre hospitalier. La majorité des patients étaient des femmes (71 %). La moyenne d’âge des patients ainsi traités était de 51 ans (avec toutefois un large spectre allant de 4 à 98 ans). La dose moyenne de kétamine journalière est de 83mg pour une durée de traitement de 27jours en moyenne. L’analyse des dispensations a toutefois mis en évidence une grande hétérogénéité en fonction du contexte d’utilisation (soins palliatifs ou non palliatifs). Alors que la voie intraveineuse représentait la majorité des cas pour les soins palliatifs (76 %), la voie sous-cutanée (49 %) et orale (26 %) étaient privilégiées pour les soins non palliatifs. La dose moyenne de kétamine journalière en soins palliatifs était de 83mg/j tandis qu’elle était inférieure en soins non palliatifs (56mg/j). En revanche, la durée moyenne de traitement était de 27jours en soins palliatifs contre 48jours en soins non palliatifs.
Conclusion |
Cette étude montre un usage majoritairement hors AMM de la kétamine (soins non palliatifs), en dépit de l’absence de recommandation encadrant son usage dans ce contexte précis et les différentes alertes sur les risques d’un usage prolongé de ce produit et de l’accoutumance y associé. Les modalités d’usage restent très hétérogènes en termes d’indication, de voie d’administration et de durée du traitement. Les résultats soulignent l’urgence d’établir une information et un protocole ciblés sur certains usages hors AMM de la kétamine, lesquels sont susceptibles d’entraîner des risques urologiques, hépatiques et biliaires avérés.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Kétamine, Addictovigilance, Ambulatoire, Hors AMM
Plan
Vol 77 - N° 6
P. 785 - novembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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