Trajectoire de la ferritine et des variables hématologiques au cours des saignées chez des adultes drépanocytaires SC - 07/12/22
Résumé |
Introduction |
La drépanocytose SC est caractérisée par une hyperviscosité sanguine associée à des complications spécifiques comme les thromboses veineuses et l’atteinte cochléovestibulaire. Les saignées peuvent être proposées pour diminuer l’hyperviscosité sanguine par la diminution de la concentration d’hémoglobine et les modifications des caractéristiques érythrocytaires occasionnées par la carence martiale [1, 2, 3]. L’objectif de notre étude est de décrire les trajectoires de la ferritine et des variables érythrocytaires (concentration d’hémoglobine, volume globulaire moyen [VGM], concentration corpusculaire moyenne [CCMH] et numération des réticulocytes) au cours des saignées et d’identifier des groupes de patients avec des trajectoires similaires.
Patients et méthodes |
Dans cette étude monocentrique, les variables biologiques, leurs dates, les données démographiques et les dates des saignées ont été extraites de l’entrepôt de données de notre centre hospitalier de 2013 à 2021. Nous avons étudié l’effet d’une seule saignée, d’une série de saignées et l’évolution à distance. Une série de saignée était définie par au moins 3 saignées consécutives espacé de moins de 90 jours entre chacune, pour prendre en compte l’effet cumulatif de saignées consécutives. Nous avons utilisé un modèle mixte avec effet spleen afin de prendre en compte les mesures répétées chez un même individu et d’éventuelles trajectoires non linéaires des variables biologiques. Une classification non supervisée des patients, suivant les trajectoires des différentes variables biologiques, a été effectuée avec la méthode K-means.
Résultats |
Nous avons inclus 276 adultes drépanocytaires SC saignées sur la période d’inclusion, âgés en moyenne de 34 ans, 47 % de femmes. Chaque patient a bénéficié en moyenne de 17 saignées (Fig. 1). Après une saignée, l’hémoglobine perdait en moyenne 0,7g/dL, la ferritine 13,5μg/L et le VGM 2,5fL. Les réticulocytes augmentaient dans un premier temps de 28G/L puis diminuaient de 48G/L. Les séries de saignées étaient constituées de 4,5 saignées en moyenne. Après une série de saignées, l’hémoglobine perdait en moyenne 1,5g/dL, la ferritine 41,1μg/L, le VGM 13,8fL, les réticulocytes 39,6G/L et le CCMH 1,3g/dL. [SO1] À distance d’une série de saignées les variables biologiques augmentaient linéairement jusqu’à atteindre une valeur stable, après 8 mois en moyenne pour l’hémoglobine, 11 mois pour le VGM, 14 mois pour les réticulocytes et le CCMH et 18 mois pour la ferritine. La classification a séparé les patients en deux groupes. Le premier groupe présentait, après une série de saignées, des valeurs de ferritine et des variables érythrocytaires significativement plus basses, avec une majorité de femmes de moins de 50 ans, la plupart probablement non ménopausées (33 vs 48 %, p=0,035). Dans ce groupe, la ferritine remontait moins haut à distance des séries de saignées mais les variations des variables érythrocytaires étaient plus importantes.
Conclusion |
Ces résultats fournissent des repères sur l’effet attendu d’une saignée et de prévoir de façon approximative le nombre de saignées nécessaires pour atteindre les objectifs fixés. Ils sont également en faveur d’une individualisation du suivi après une série de saignées, en fonction du sexe et de l’âge (restauration plus lente chez les femmes de moins de 50 ans) et de la ferritinémie atteinte après une série de saignées (restauration plus lente lorsque la ferritinémie est plus basse).
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Vol 43 - N° S2
P. A334-A335 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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