Péritonite chyleuse secondaire à la lercanidipine : when « Peritoneal Dialysis » wears white (à propos d’un cas) - 06/09/22
Résumé |
Introduction |
La péritonite chyleuse est une complication peu fréquente en dialyse péritonéale et dont les étiologies sont multiples. La cause médicamenteuse secondaire aux inhibiteurs calciques dihydropyridiniques est très rare.
Description |
Nous rapportons le cas d’une péritonite chyleuse secondaire à la prise de la lercanidipine. La particularité de notre observation est que la lercanidipine n’est pas d’introduction récente. La prescription de la ciprofloxacine (inhibiteur enzymatique de la CYPA3a) était à l’origine d’une augmentation de la biodisponibilité de la lercanidipine et l’induction du chylopéritoine. L’enquête étiologique est revenue négative chez notre patient avec régression de l’aspect lactescent du liquide effluent dès l’arrêt de la lercanidipine.
Méthodes |
C’est le patient C.F., âgé de 44 ans diabétique, hypertendu depuis 2017 sous zanidip et aprovel, IRCT sous dialyse péritonéale depuis une année. Le malade a consulté pour un aspect laiteux du liquide effluent.
L’anamnèse a révélé la prise de ciprofloxacine dans les 10 jours précédents.
Un examen physique complet revenu normal a ponctué l’absence de fièvre et des douleurs abdominales.
Un complément de bilans étiologiques biologiques et radiologiques a été réalisé.
Résultats |
(1) Absence de syndrome infectieux ou inflammatoire. Un bilan hépatique et pancréatique correct avec hypertriglycéridémie. IDR à la tuberculine négative.
(2) Des étude cytobactériologique, parasitaire, fongique avec recherche de BK dans le liquide effluent négatives.
(3) À l’imagerie : pas de néoplasie pancréatique, hépatique ni de lymphome.
(4) Liquide effluent de la DP redevenu clair dès l’arrêt de la lercanidipine.
Mécanisme incomplètement élucidé : la lercanidipine agit sur les canaux calciques type L au niveau des myocytes des vaisseaux lymphatiques induisant le chylopéritoine. La prise récente de la ciprofloxacine aurait augmenté la biodisponibilité de la lercanidipine et majoré son effet. L’hypertriglyéridémie prédisposerait à cette complication (Fig. 1).
Conclusion |
La péritonite chyleuse secondaire aux inhibiteurs calciques dihydropyridiniques est très rare. Son diagnostic repose sur l’aspect lactescent de l’effluent qui régresse dès l’arrêt de cet inhibiteur calcique. Il est primordial de mener une enquête étiologique pour retenir la cause médicamenteuse.
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Vol 18 - N° 5
P. 440 - septembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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