Associations entre facteurs de risque cardiovasculaire et le risque d’artérite à cellules géantes et/ou de pseudo-polyarthrite rhizomélique : données de la cohorte prospective française E3N - 16/06/22
, C. Macdonald 1, C. Salliot 2, S. Ascione 1, F. Artaud 1, X. Mariette 3, M.C. Boutron 1, R. Seror 3, Y. Nguyen 4Résumé |
Introduction |
L’artérite à cellules géantes (ACG) et la pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) sont deux maladies inflammatoires fréquemment associées qui partagent des mécanismes physiopathologiques communs. L’un de ces mécanismes semble être lié à une inflammation vasculaire chronique, ce qui est en faveur de l’implication des facteurs de risque cardiovasculaires (CV) dans la survenue de ces maladies. Cependant, les données disponibles sur l’association entre facteurs de risque cardiovasculaire et le risque d’ACG et/ou de PPR sont contradictoires.
L’objectif de notre travail est d’étudier l’association entre les facteurs de risque cardiovasculaire et le risque d’ACG et/ou de PPR dans une grande cohorte prospective de femmes françaises.
Patients et méthodes |
La cohorte française E3N (Étude Épidémiologique auprès des femmes de la Mutuelle générale de l’Éducation Nationale) comprend 98 995 femmes nées entre 1925 et 1950 et suivies de manière prospective depuis 1990. Elle a été conçue afin d’étudier les relations entre des facteurs liés au mode de vie et à l’environnement et l’apparition de maladies chroniques. Les participantes remplissent tous les deux ans des questionnaires sur leur état de santé, leur mode de vie et les maladies récemment diagnostiquées.
Les cas d’ACG et/ou de PPR ont été identifiés à l’aide d’algorithmes utilisant des données auto-rapportées et des données de remboursement de médicament, avec une valeur prédictive positive de 89,9 à 92,8 %.
Les antécédents de facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension, diabète de type 2, dyslipidémie, tabagisme actif et antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires) ont été recueillis à chaque questionnaire. Les cas de diabète de type 2 ont été systématiquement vérifiés à l’aide d’une base de données de remboursement de traitement. Les hazard ratios (HR) et leurs intervalles de confiance à 95 % (IC95 %) pour l’incidence de l’ACG et/ou de la PPR ont été estimés à partir de modèle de régression de Cox en prenant l’âge comme échelle de temps. Les modèles multivariés incluaient tous les facteurs de risque CV et le niveau d’éducation. Des analyses complémentaires en sous-groupe ont été menées pour analyser séparément le risque d’ACG et de PPR.
Résultats |
La population globale de l’étude comprenait 79 804 femmes suivies pendant un total de 1 899 742 personnes-années. Parmi elles, 399 cas incidents d’ACG et/ou de PPR ont été identifiés (incidence 31/100 000 personnes-années) : 282 cas de PPR seules, 112 cas d’ACG et 5 patientes qui n’ont pas pu être classées entre ACG et/ou PPR. Les cas incidents d’ACG/PPR ont été diagnostiqués après une moyenne de 17,9 (± 5,2) années de suivi. L’âge moyen au diagnostic était de 69 (± 7,2) ans. Dans les modèles multivariés, le diabète de type 2 était inversement associé au risque de survenue d’ACG/PPR (HR : 0,41 ; IC95 % : 0,2–0,9 dans le modèle multivarié). Cette association négative restait statistiquement significative dans le sous-groupe des PPR incidentes (HR 0,3 ; IC95 % : 0,09–0,91) mais ne l’était plus dans le sous-groupe des ACG incidentes (HR 0,5 ; IC95 % : 0,1–2,0), probablement en raison d’un manque de puissance. Les autres facteurs de risque cardiovasculaire étudiés tels que l’hypertension, le tabagisme, la dyslipidémie et les antécédents familiaux d’événements cardiovasculaires n’étaient pas associés à la survenue d’ACG/PPR.
Conclusion |
Le diabète de type 2 est associé à une diminution du risque de survenue d’une ACG et/ou d’une PPR. Ce résultat doit mener à réaliser des travaux complémentaires afin de déterminer les mécanismes sous-jacents et plus particulièrement de faire la distinction entre le rôle du diabète en lui-même et celui de ses traitements.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 43 - N° S1
P. A87 - juin 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
