Choroïdopathie du lupus érythémateux systémique : à propos de 2 cas - 16/06/22
, W. Ammouri 1, R. Douibi 1, F. Elfekkak 1, Y. Lakrafi 1, S. Choukair 1, S. Fari Elfirdaous 1, A. Taouch 1, B. Sami 1, I.I. Fatima 1, H. Talebi 1, N. Mouatassim 1, H. Khibri 1, O. Berbich 2, M.M. Maamar 1, H. Harmouche 1, Z. Tazi Mezalek 1, M. Adnaoui 1Résumé |
Introduction |
Le lupus érythémateux systémique est une maladie auto-immune caractérisée par la présence d’anticorps antinucléaires. Le LES peut causer l’occlusion de petits vaisseaux dans différents organes. Les atteintes oculaires au cours du lupus sont rares. Elles peuvent être inflammatoires, infectieuses, thrombotiques ou iatrogènes. Tous les constituants de l’œil peuvent être touchés mais la kératoconjonctivite sèche reste l’atteinte ophtalmologique la plus fréquente. La choroïdopathie est une manifestation exceptionnelle du lupus, seulement une cinquante de cas ont été rapportés dans la littérature depuis sa découverte en 1968. Nous rapportons l’observation de deux patientes ayant présentées une choroïdopathie aiguë du lupus.
Observation 1 |
Il s’agit d’une patiente âgée de 29 ans, suivie pour un LES depuis 8 mois à tropisme cutané et articulaire, qui présente une baisse brutale bilatérale de l’acuité visuelle associée à des céphalées et des œdèmes des membres inférieurs. L’examen physique objectivait une tension artérielle à 180mmhg/100mmhg, un rash malaire et une alopécie en clairière. L’examen ophtalmologique mettait en évidence un aspect de rétinopathie hypertensive sévère associée à une choroïdopathie lupique compliquée de décollement séreux bilatéral. Le bilan rénal montrait une insuffisance rénale rapidement progressive. L’angio IRM cérébrale objectivait des lésions de vascularite cérébrale. La patiente a été mise sous bolus de solumédrol avec relais oral, hydroxychloroquine (HCQ), rituximab et cyclophosphamide avec amélioration ophtalmologique.
Observation 2 |
Il s’agit d’une patiente âgée de 47 ans, suivie depuis 20 ans pour un LED à tropisme cutané, articulaire et rénale à type de néphropathie lupique classe IV réfractaire mise initialement sous HCQ, cyclophosphamide puis sous rituximab associé au mycophénolate mofétil avec bonne évolution. La patiente a présenté 2 mois après sa dernière poussée rénale, une baisse majeure de l’acuité visuelle aux deux yeux. L’examen ophtalmologique retrouvait un remaniement maculaire avec de petites plages jaunâtres choroïdiennes et un décollement séreux rétinien le tout évocateur d’une choroïdopathie lupique bilatérale. L’IRM cérébrale était normale. L’évolution post bolus de solumédrol a été marquée par la persistance d’une baisse de l’acuité visuelle. L’immunosuppression par cyclophosphamide intraveineux a été ré initiée avec amélioration ophtalmologique.
Discussion |
La choroïdopathie est une manifestation extrêmement rare du lupus. Elle touche essentiellement le sexe féminin et est bilatérale dans plus de 50 % des cas. La présence d’une choroïdopathie indique généralement une néphropathie coexistante, une vascularite du système nerveux central et d’autres lésions viscérales du lupus. Rarement, elle peut être inaugurale. Son traitement repose essentiellement sur la corticothérapie par voie systémique avec recours fréquent au traitement immunosuppresseur en cas de corticorésistance.
Conclusion |
Bien que moins connue que la rétinopathie, la choroïdopathie lupique peut être plus fréquente qu’on ne le pense. Elle est un indicateur sensible de l’activité du lupus. L’immunomodulation de la maladie systémique peut entraîner la résolution de la vascularite systémique ainsi que de la choroïdopathie.
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Vol 43 - N° S1
P. A139 - juin 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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