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Traitement de la leucoencéphalopathie multifocale progressive par inhibiteurs de checkpoint : Une étude rétrospective multicentrique - 01/06/22

Doi : 10.1016/j.mmifmc.2022.03.180 
X. Boumaza 1, 3, 4, D. Roos-Weil 2, B. Bonneau 1, 3, 4, R. Lajaunie 1, 3, 4, P. Delobel 1, 3, 4, A. Sommet 1, 3, 4, G. Martin-Blondel 1, 3, 4
1 CHU de Toulouse, Toulouse, France 
2 AP-HP, Paris, France 
3 CHU de Toulouse, TOULOUSE, France 
4 CHU de Toulouse. Pour le groupe d'étude sur l'immunothérapie de la LEMP, TOULOUSE, France 

Résumé

Introduction

Le traitement de la leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) repose sur la restauration des réponses immunitaires contre le virus JC. Des séries de cas ont rapportés des résultats cliniques favorables lors d'un traitement par inhibiteurs de checkpoint immunitaire (ICI). Notre objectif était d'évaluer rétrospectivement la survie à 1 an des patients traités par ICI pour une LEMP au sein d'une étude multicentrique.

Matériels et méthodes

Grâce à une revue de la littérature des cas publiés et un appel à observation auprès des sociétés savantes, nous avons collecté rétrospectivement les données des patients adultes atteints de LEMP prouvée et ayant reçus un traitement par ICI à titre compassionnel jusqu'en décembre 2020. L'analyse descriptive a concerné l'ensemble des patients de l'étude tandis que les patients ayant reçus d'autres immunothérapies de façon concomitante ont été exclus de l'analyse de survie. Cette étude a été approuvée par un comité d'examen institutionnel (numéro RnIPH 2020-95).

Résultats

Parmi les 91 patients qui ont reçu un ICI (dont 42 cas non publiés), 34 avaient une hémopathie maligne (HM, 48 %), 16 un déficit immunitaire primitif (DIP, 18 %), 14 vivaient avec le VIH (15 %), 9 avaient une maladie auto-immune (MAI, 10 %), 5 avaient un cancer solide (6 %) et 3 étaient transplantés rénal (3 %). Les groupes ne différaient pas en ce qui concerne la quantification de la charge virale JCV dans le LCR ou l'étendue des lésions de la LEMP à l'IRM. Les ICI étaient principalement le Pembrolizumab (n=60, 65,9 %, 2 mg/kg) et le Nivolumab (n= 29, 32 %, 3 mg/kg) avec une médiane de 3 perfusions (IC 2-4). Dix patients (11 %) ont reçu d'autres immunothérapies. Parmi les 79 patients ayant été traités par ICI uniquement et ayant un suivi de 12 mois, la survie globale à un an était de 51,9 % (respectivement 50 %, 57 %, 50 %, 62 %, 60 % et 0 % pour HM, DIP, VIH, MAI, cancer solide et transplanté d'organe). Parmi les 50 patients ayant eu un monitoring de la PCR JCV dans le LCR, la diminution de la charge virale > 1 log au premier contrôle était plus fréquente chez les survivants (p=0,0001). L'expression initiale de PD-1 sur les cellules T CD4 et CD8 circulantes n'était pas corrélée avec la survie. En analyse multivariée, aucun facteur à l'initiation du traitement n'était significativement associé à la survie à 1 an, en dehors d'une tendance lorsque les lésions prenaient le contraste à l'IRM cérébrale (OR 3,13 (95 % CI 0,93-12,0), p=0,07). Trente-six effets secondaires ont été rapportés chez 29/91 patients (31,8 %). Un IRIS-LEMP est survenu chez 17 patients (18,7 %).

Conclusion

Bien que les ICI aient pu améliorer le pronostic de la LEMP chez certains patients, cette stratégie thérapeutique n'a pas été bénéfique pour tous. Des études contrôlées évaluant l'intérêt des ICI au cours de la LEMP sont nécessaires.

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© 2022  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 1 - N° 2S

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