Caractérisation phénotypique des uvéites HLA-B27 négatives par rapport aux uvéites HLA-B27 positives chez les patients ayant une spondyloarthrite : données issues de l’étude internationale ASAS-PerSpA - 27/11/21
, C. Lopez-Medina, A. Molto, M. Dougados, C. Miceli RichardRésumé |
Introduction |
L’uvéite est la manifestation extra-rhumatologique la plus fréquente de la spondyloarthrite (SpA). Elle est principalement associée à l’antigène HLA-B27, néanmoins elle peut également survenir chez les patients HLA-B27 négatifs bien que leur profil spécifique reste mal connu. Notre objectif était de caractériser le phénotype des patients ayant une uvéite dans le cadre d’une SpA HLA-B27 négative, en le comparant à celui des patients ayant une uvéite dans le cadre d’une SpA HLA-B27 positive.
Patients et méthodes |
Tous les patients de l’étude ASAS-PerSpA ayant une uvéite ont été inclus. Ceux ayant des données manquantes concernant le statut HLA-B27 ont été exclus. Les phénotypes des groupes HLA-B27 positif et HLA-B27 négatif ont été décrits d’après leurs principales caractéristiques sociodémographiques, rhumatologiques et ophtalmologiques et comparés à l’aide d’une régression logistique univariée puis multivariée (ajustement sur les variables associées au critère de jugement principal avec un p<0,10 en analyse univariée) afin d’estimer les odds ratios ajustés (ORa) et les intervalles de confiance à 95 % (IC95 %).
Résultats |
Parmi les 4 465 patients identifiés dans l’étude ASAS-PerSpA, 621 ont été inclus dans l’analyse (738 avaient un antécédent d’uvéite, leur statut HLA-B27 n’était connu que chez 621) : 89 (14 %) avec HLA-B27 négatif (âge moyen 45,3±13,6 ans ; 48 % d’hommes) et 532 (86 %) avec HLA-B27 positif (âge moyen 43,7±12,8 ans ; 70 % d’hommes). Les patients ayant une uvéite HLA-B27 négative étaient plus fréquemment de sexe féminin (52 % versus 30 % ; ORa=2,29, IC95 % 1,37–3,84) et souffraient de manière significativement plus fréquente de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) (19 % versus 4 % ; ORa=5,75, IC95 % 2,61–12,6). En revanche, ils étaient moins souvent d’origine asiatique (9 % versus 29 % ; ORa=0,20, IC95 % 0,07–0,51) et avaient moins souvent d’antécédent familial de SpA (11 % versus 21 % ; ORa=0,44, IC95 % 0,19–0,91). Le profil des patients avec uvéite HLA-B27 négative était également associé à une durée d’évolution de la SpA significativement moins longue (15±12 ans versus 19±12 ans ; ORa=0,97, IC95 % 0,95–0,99) et à des rachialgies inflammatoires moins fréquentes (79 % versus 91 % ; ORa=0,42, IC95 % 0,22–0,83). Enfin, la prescription d’un biomédicament en raison de l’atteinte ophtalmologique était moins fréquente (11 % versus 19 % ; ORa=0,41, IC95 % 0,18–0,85) pour les uvéites HLA-B27 négatives que pour les uvéites HLA-B27 positives.
Conclusion |
Au total 14 % des uvéites observées chez des patients avec SpA n’étaient pas associées à l’antigène HLA-B27. Les données de cette étude montrent que le diagnostic d’uvéite ne doit pas être écarté chez les patients SpA HLA-B27 négatif, et ce tout particulièrement chez les femmes, ayant une forme périphérique et/ou un antécédent de MICI. Ces uvéites semblaient moins sévères que celles survenant chez les patients HLA-B27 positif.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 88 - N° S1
P. A97-A98 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
