Les corticoïdes dans la polyarthrite rhumatoïde : dose cumulée, complications et sevrage - 27/11/21
, L. Taoubane, M. Ahmed Ghassem, J.H. Djossou, T. Hamza, A. Majjad, L. Achemlal, A. BezzaRésumé |
Introduction |
Les corticoïdes sont largement utilisés chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR). Ils permettent une amélioration clinique et inhibent la progression structurale. Cependant, après 3 à 6 mois, l’effet bénéfique des corticoïdes disparaît et leur toxicité augmente. Récemment, les directives thérapeutiques dans la PR (ACR 2015, EULAR 2019, SFR 2019) recommandent l’utilisation de corticoïdes à faible dose et pendant une courte durée (3–6 mois). Cependant, le sevrage des corticoïdes demeure un vrai défi. Les objectifs de notre étude étaient d’analyser l’utilisation des corticoïdes chez les patients PR et d’évaluer l’effet de l’augmentation des doses cumulées sur l’incidence des évènements indésirables liés aux corticoïdes.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude transversale qui s’est étalée de mai 2020 à décembre 2020. Les patients PR ont été inclus de la consultation de rhumatologie. Initialement, on a décrit les données sociodémographiques, l’utilisation des corticoïdes et la prévalence des complications liées aux corticoïdes. Ensuite, on a comparé la prévalence des évènements indésirables en fonction des doses cumulées de corticoïdes. Enfin, on a analysé les facteurs favorisant le sevrage des corticoïdes.
Résultats |
Au total 168 PR ont été inclus dans l’étude avec une prédominance féminine (81 %) et un âge médian de 56 ans. La médiane de la durée d’évolution de la PR était 120 mois. La prévalence des patients sous biologique était de 50 % et celle des patients sous corticoïdes était de 56,5 %. Le sevrage des corticoïdes a été rapporté chez 38,7 % PR. La médiane de la dose cumulée des corticoïdes était de 14 400mg. La majorité des patients (98,7 %) utilisaient les corticoïdes pendant une longue durée (>6 mois). 87 patients utilisaient une moyenne de dose journalière élevée de corticoïdes (>7,5mg), soit une prévalence de 54,3 %. Les complications cutanées étaient les principaux effets secondaires (71,5 %). Les prévalences du diabète, des complications cardiovasculaires et ophtalmologiques étaient significativement plus prononcées chez les patients exposés à des doses cumulés élevées de corticoïdes (˃30 000mg) en comparaison avec ceux qui utilisaient des doses cumulées moins élevées (15 000 mg< ≤30 000mg, 7500mg<≤15 000mg, ≤7500mg), (p=0,04, p=0,001, p=0,02 respectivement). En analyse multivariée, le sevrage des corticoïdes n’était associé qu’à la durée d’évolution de la PR (OR : 0,8 IC95 % : 0,6–0,9). Il n’y avait aucune association avec l’utilisation des biologiques, des traitements de fonds classiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens ni avec l’âge ou les scores de la PR (DAS 28 CRP, HAQ).
Conclusion |
La majorité des patients PR de notre étude utilisaient une moyenne de dose journalière élevée de corticoïdes pendant une longue durée. Les prévalences du diabète et des complications cardiovasculaires et ophtalmologiques étaient plus élevées chez les patients ayant reçu des doses cumulées élevées de corticoïdes, ce qui renforce l’intérêt de minimiser l’exposition aux corticoïdes. Le sevrage des corticoïdes n’était associé qu’à la durée d’évolution de la PR.
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Vol 88 - N° S1
P. A158-A159 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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