Granulomatoses associées aux immunothérapies du mélanome - 20/11/21
Résumé |
Introduction |
Le risque est accru de développer un mélanome au cours d’une sarcoïdose et des réactions granulomateuses sont décrites au cours de mélanomes, avec ou sans traitement, mais bien plus fréquemment au cours des immunothérapies.
Nous avons caractérisé les réactions granulomateuses au cours d’un traitement par inhibiteur de points de contrôle immunitaire (IPC) et évalué la réponse oncologique.
Matériel et méthodes |
Étude rétrospective monocentrique dans un Centre de Lutte contre le Cancer sur 12 ans (de 2007 à 2019) incluant l’ensemble des patients ayant développé une granulomatose histologiquement confirmée sous IPC pour un mélanome.
Résultats |
Dix-huit patients (dont 11 femmes) avec un âge moyen au diagnostic de mélanome de 47 ans [22–73] ont été inclus. Deux étaient traités en adjuvant et 16 en phase métastatique par des immunothérapies variées.
La granulomatose survenait dans un délai médian de 2 mois depuis l’introduction de l’IPC avec une atteinte pulmonaire préférentielle. Les présentations scannographiques et au PET TDM étaient principalement le reflet de l’atteinte pulmonaire (n=16). Sept patients ont reçu une corticothérapie générale dont 6 pour granulomatose symptomatique. Suivant l’avis d’une RCP dédiée aux toxicités immunologiques, 7 patients ont interrompu temporairement ou de façon permanente leur immunothérapie. Toutes les anomalies clinico-biologiques liées à la granulomatose ont régressé dans un délai médian de 17 semaines [2–43,3]. Parmi les 16 patients traités pour un mélanome métastatique, le taux de survie globale était de 75 % et la survie sans progression de 50 % après 21 mois de suivi médian depuis l’introduction de l’IPC.
Discussion |
Nous rapportons ici la plus grande série de granulomatoses associées aux IPC au cours du mélanome. Dans la littérature, 60 patients répondent aux mêmes critères d’inclusion: 38 étaient traités pour un mélanome métastatique et 22 en adjuvant. À nouveau, l’effet indésirable (EI) était précoce (à 3 mois de l’IPC) avec une atteinte pneumologique fréquente (n=55) et une réponse oncologique de 66% (n=25/38). Ainsi, la granulomatose immuno-induite est un EI rare mais classique dont la présentation clinique, biologique et radiologique est semblable à celle d’une sarcoïdose. Elle ne doit pas induire en erreur les praticiens qui pourraient évoquer une pseudo progression, une progression vraie ou une rechute d’autant que ces granulomatoses sont rarement sévères et ont tendance à la résolution spontanée. De plus, elles semblent associées à une réponse oncologique favorable. L’immunothérapie ne doit pas être systématiquement interrompue et l’introduction d’une corticothérapie est à discuter au cas par cas. Cet EI sous l’implication de la voie de signalisation mTOR au sein des macrophages et des lymphocytes (Th1 et Th17 avec dysfonctionnement des T régulateurs) est une hypothèse physiopathologique qui reste à démontrer.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Granulomatose, Immunothérapie, Mélanome
Plan
Vol 1 - N° 8S1
P. A186-A187 - décembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?