Identification de dérivés de la kétamine (2-fluorodeschlorokétamine, deschloro-N-ethyl-kétamine, deschlorokétamine et éphénidine), de benzodiazépines de synthèse (clonazolam et étizolam) et d’autres NPS dans des échantillons de poudres et de cheveux d’un expérimentateur régulier - 20/09/21
, Pamela Dugues 1, Emuri Abe 1, Isabelle Etting 1, Gregory Pfau 2, An Hung Nguyen 2, Yves Edel 2, Jean-Claude Alvarez 1| pages | 2 |
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Résumé |
Objectifs |
Apporter des données sur la nature et la pureté de produits contenant principalement des dérivés de la kétamine et des benzodiazépines ayant circulés en France en 2020, et décrire les concentrations capillaires observées lors d’un usage régulier.
Méthode |
Un homme de 24 ans est suivi depuis plusieurs années pour pharmacodépendance liée principalement à l’usage de NPS. Neuf produits achetés en 2020 sous forme de poudres (n=7) ou de timbres (n=2), ainsi qu’un échantillon de cheveux châtain foncés du patient nous ont été adressés pour analyse toxicologique par LC-MS/MS et LC-HRMS décrites précédemment [1, 2]. Les poudres ont été mises en solution dans le méthanol à une concentration de 1g/L, les timbres (9mm2) ont été macérés dans 2mL de méthanol. Dix microlitres des solutions diluées (1/100 et 1/1000) dans la phase mobile sont injectés dans le chromatographe. Les cheveux sont lavés par un bain de dichlorométhane, segmentés (A 0–3cm, B 3–6cm, C 6–9cm) puis extraits par un mélange de solvants. L’analyse par LC-MS/MS a été réalisé en mode MRM sur un TSQ Endura (triple quadripôle) et par LC-HRMS en mode data-dependent (ddms2) sur un Q-Exactive (Orbitrap) (Thermo Fisher Scientific®).
Résultats |
Huit molécules ont été identifiées et quantifiées aux teneurs suivantes : éphénidine (100 %, n=2), 2-fluorodeschlorokétamine (2F-DCK : <0,1—96 %, n=5), deschlorokétamine (DCK : <0,1–81,5 %, n=5), 5-methoxy-dimethyltryptamine (5-MeO-DMT : <0,01 %, n=1), clonazolam (2,1 %, n=1), etizolam (3,6 %, n=1), 3(4)-MeO-PCP (0,35 %, n=1), phénibut (non dosé, n=1). Les produits contenaient de 1 à 4 molécules. L’étiquetage correspondait à la substance majoritaire identifiée dans chaque produit analysé. Les faibles teneurs observées de certaines molécules (≤2,5 %) étaient principalement liées à des contaminations par échanges de contenants par le patient. L’analyse capillaire a permis d’objectiver la présence de : 2F-DCK (3260/4650/6702pg/mg), DCK (885/1500/1850), éphénidine (230, 128, 190), 5-MeO-DMT (1/15/17), clonazolam (24/10/36), etizolam (5/5/11), ainsi que la deschloro-N-ethyl-kétamine (O-PCE : 13/27/36), qui n’était pas présente parmi les produits analysés. La 3(4)-MeO-PCP n’a pas été détectée dans les cheveux, probablement à cause de sa faible teneur dans la poudre analysée (0,35 %). Les rares données de littérature existantes rapportent des concentrations capillaires allant de 7 à 340pg/mg de 2F-DCK (n=3) et de 37 à 107pg/mg d’étizolam (n=5), en faveur d’un usage occasionnel d’étizolam mais très important de 2F-DCK chez notre patient. Par ailleurs et à notre connaissance, il s’agit du premier cas décrivant les concentrations capillaires de DCK, O-PCE, éphénidine, 5-MeO-DMT et clonazolam, reflétant principalement une exposition régulière à ces substances dans les 9 mois précédant le prélèvement. Enfin, il est à noter que le phénibut consommé par le patient et non recherché actuellement dans les cheveux est un agoniste gabaergique et un gabapentinoide classé sur la liste des psychotropes en France depuis 2020.
Conclusion |
Ce cas illustre la circulation de nouvelles substances psychoactives en France avec une tendance accrue aux produits hallucinogènes de plus en plus purs, mais parfois coupés à l’achat ou par inadvertance des polyconsommateurs, ce qui constitue un risque supplémentaire de survenue d’effets toxiques. L’analyse capillaire montre encore son intérêt comme outil de suivi à long terme des usagers de ces produits.
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Vol 33 - N° 3S
P. S36-S37 - septembre 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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