Évolution du spectre des médicaments associés à la nécrolyse épidermique au cours du temps : étude de pharmacovigilance à partir des données de Vigibase - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
La nécrolyse épidermique (NE, syndrome de Stevens–Johnson et nécrolyse épidermique toxique), est induite par un médicament dans 85 % des cas. En 2008, l’étude cas-témoin EuroSCAR avait identifié une trentaine de médicaments à risque, certains déjà connus (antiépileptiques, allopurinol, oxicams, sulfamides antibactériens) et d’autres non (lamotrigine, névirapine). Depuis cette date, aucune étude de grande envergure n’a été conduite pour actualiser la liste des médicaments à risque de NE, alors même que 20 à 30 nouveaux médicaments sont mis sur le marché tous les ans. Nous avons conduit une étude de pharmacovigilance (PV) pour identifier de nouveaux médicaments suspects de NE.
Matériel et méthodes |
Nous avons utilisé Vigibase, la base de PV mondiale de l’OMS. Deux périodes d’intérêt ont été sélectionnées : période 1, de 1997 à 2001, correspondant à la période de l’étude EuroSCAR ; période 2, de 2016 à 2020. Une analyse de disproportionnalité a été réalisée, comparant la proportion des NE pour une classe thérapeutique à la proportion des NE sur toute la base de données. Pour ce faire, nous avons calculé un indice, « l’Information Component » (IC) et son intervalle de crédibilité à 95 %. L’IC025 est la limite inférieure de cet intervalle de crédibilité. Il est significatif si positif, donc associé à un risque.
Résultats |
La période 1 comptait 4092 notifications de NE et la période 2, 13 961. Quarante-sept molécules suspectes étaient communes aux deux périodes, parmi lesquelles on retrouvait les médicaments les plus à risque identifiés dans l’étude EuroSCAR. Au total, 67 nouvelles molécules étaient identifiées comme suspectes durant la période 2, dont 38 (57 %) commercialisées depuis 2001. Parmi elles, 3 anti-épileptiques, le zonisamide (IC025 3,9), l’oxcarbazépine (IC025 2,4) et le lévétiracétam (IC025 2,1), 1 anti-inflammatoire, le nimésulide (IC025 3,7), 1 hypo-uricémiant, le fébuxostat (IC025 1,6), ainsi que 16 nouvelles molécules anticancéreuses, incluant le mogamulizumab (IC025 3,3), le vémurafénib (IC025 2,4), le cobimétinib (IC025 2,7) et la bendamustine (IC025 1,6).
Discussion |
Cette étude confirme l’association des médicaments retrouvés dans EuroSCAR et permet d’en identifier de nouveaux, montrant une augmentation de leur nombre et de leur variété. En raison des progrès thérapeutiques récents, les anticancéreux présentent le changement le plus marquant, ce qui vient confirmer les alertes suggérées par les séries de cas récentes. La base de PV, Vigibase, regroupe un très grand nombre de notifications provenant du monde entier, sans cesse actualisée, sensibilisant la détection du risque, d’autant plus nécessaire que la NE est un effet indésirable rare mais grave. Elle fait appel à un signalement spontané des cas qui doit être encouragé, y compris quant à la qualité des données recueillies.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Nécrolyse épidermique, Pharmacovigilance
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A83 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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