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Traitement par rituximab dans les maladies auto-immunes dermatologiques : étude du risque infectieux - 26/11/20

Doi : 10.1016/j.annder.2020.09.523 
H. Seiller 1, , P.L. Nguyen Thi-Lambert 2, R. Jaussaud 3, A.-C. Bursztejn 1
1 Dermatologie et allergologie 
2 CHRU Nancy, Nancy 
3 Médecine interne, CHRU Nancy, Nancy, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Le rituximab (RTX) est un anticorps anti-CD20 de plus en plus utilisé dans le traitement des maladies auto-immunes dermatologiques. Il peut être associé à un risque infectieux qui justifie, pour certaines maladies, une prévention de ce risque. À ce jour, aucun protocole n’est validé pour la majorité des indications en dermatologie. L‘objectif de cette étude était d’évaluer les infections sous RTX et les différents facteurs associés.

Matériel et méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective cas-témoins au sein des services de dermatologie et médecine interne du Centre Hospitalier Régional Universitaire de Nancy. Nous avons inclus tous les patients ayant reçu un traitement par RTX pour une maladie auto-immune dermatologique entre 2014 et 2018. L’appariement a été réalisé sur l’âge et le diagnostic.

Résultats

Nous avons inclus 17 cas et 17 témoins, 22 femmes (12 cas, 10 témoins) et 12 hommes (5 cas, 7 témoins), l’âge moyen était de 50,6 ans. La cohorte était composée des pathologies suivantes : 9 pemphigus, 4 pemphigoides cicatricielles, 8 pemphigoides bulleuses, 6 dermatomyosites/syndromes des anti-synthétases, 4 lupus et 3 purpuras vasculaires. Six cas (35,3 %) ont développé au moins une infection contre 3 (17,6 %) témoins. En dehors de l’infection ORL, toutes ont nécessité une hospitalisation et étaient considérées comme sévères (grade 3 ou plus). La moitié des patients atteints de dermatomyosite (DM) ou syndrome des anti-synthétases (SAS) ont développé une infection, de même que deux tiers des patients atteints de purpura vasculaire, alors qu’aucun patient atteint de lupus n’a eu d’infection. Enfin, il y a eu significativement plus d’infections chez les hommes, deux tiers des patients infectés étaient des hommes.

Discussion

Bien que la différence ne soit pas significative, nous avons constaté deux fois plus de patients infectés dans le groupe traité par RTX, dont plus de 80 % par des infections sévères. La plus fréquente était la pneumopathie bactérienne, puis la pneumocystose. L’incidence des infections sévères (grade 3 et plus) sous RTX est variable selon les études, de 2,8 à 45 % ; les infections pulmonaires sont au premier plan, suivies par les infections cutanées que nous n’avons pas constatées dans notre cohorte. La maladie sous-jacente semble aussi jouer un rôle, les patients atteints de DM/SAS et de purpura vasculaire ayant développé une infection dans 50 % des cas ou plus. Certains auteurs se sont intéressés à l’incidence de la pneumocystose en fonction de la pathologie sous-jacente ; la DM s’inscrit ici dans les pathologies à haut risque. Nous n’avons pas retrouvé cette notion dans la littérature concernant les purpuras vasculaires.

Conclusion

Certaines pathologies telles que les DM/SAS et les purpuras vasculaires semblent être à risque de complications infectieuses que le RTX pourrait aggraver. Le traitement par RTX de ces maladies pourrait faire l’objet de recommandations concernant la prévention du risque infectieux.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Maladies auto-immunes, Risque infectieux, Rituximab


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Vol 147 - N° 12S

P. A338 - décembre 2020 Retour au numéro
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