Acide tranexamique et mélasma : série rétrospective de 11 cas - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Le mélasma, qui touche jusqu’à 30 % des femmes en âge de procréer, se caractérise par des macules brunes du visage à contours géographiques. C’est une pathologie affichante, favorisée par les expositions solaires, aggravée par la lumière visible, et qui résiste habituellement aux préparations dépigmentantes et aux lasers. L’acide tranexamique est un antifibrinolytique, dont l’efficacité dans le mélasma a été découverte fortuitement il y a plus de vingt ans en Asie, mais qui est encore assez peu utilisé en Europe. Nous rapportons 11 nouveaux cas de patients traités au sein de notre service.
Matériel et méthodes |
Nous avons inclus rétrospectivement tous les patients traités par acide tranexamique pour un mélasma entre 2019 et 2020. L’efficacité du traitement a été évaluée en aveugle par deux dermatologues à partir de photos avant et sous traitement. Le score utilisé prenait en compte l’intensité de la pigmentation et l’étendue des lésions et la cotation allait de 0 en l’absence totale d’efficacité à 3 en cas de disparition du mélasma. Une échelle de satisfaction était remplie par le patient. Les effets indésirables et la tolérance étaient également recueillis.
Résultats |
Onze patients ont été inclus. Il s’agissait d’un homme et de dix femmes, d’âge moyen 39 ans, majoritairement caucasiens. Les patients avaient un mélasma ancien et avaient reçu de nombreux traitements locaux. L’acide tranexamique était prescrit à 500mg par jour en une prise, pour une durée moyenne de 6 mois. Une efficacité était constatée dans 70 % des cas (8/11), avec un délai variable de 1 à 3 mois. Les deux évaluateurs notaient une amélioration nette ou une disparition du mélasma dans 63 % des cas (7/11). La tolérance était bonne, avec des effets indésirables transitoires peu sévères dans 20 % des cas (3/11), soit digestifs, soit gynécologiques, ne nécessitant pas l’arrêt de traitement.
Discussion |
Les données de la littérature (études rétrospectives et prospectives) montrent une amélioration significative du score d’activité spécifique du mélasma (MASI) dans 69 à 89 % des cas. Les données de tolérance sont très rassurantes puisqu’un seul cas de thrombose veineuse profonde a été décrit chez une patiente ayant un déficit en protéine S. Néanmoins, ce traitement reste contre-indiqué en cas d’antécédent thromboemboliques, de grossesse ou d’allaitement, ou de prise d’anticoagulants. Un bilan pré-thérapeutique n’est pas recommandé mais il faut réaliser un bon interrogatoire. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont digestifs (douleurs abdominales), gynécologiques (dysménorrhées) et des céphalées. La durée du traitement et ses modalités (traitement séquentiel ou continu) ne sont pas encore bien codifiées mais on estime que le risque de récidive à l’arrêt est de l’ordre de 36 à 72 %.
Conclusion |
L’acide tranexamique fait désormais partie de l’arsenal thérapeutique du mélasma résistant. La durée optimale de traitement reste à définir.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Acide tranexamique, Hyperpigmentation, mélasma
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A335-A336 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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