Efficacité des traitements dans le prurit cholestatique : revue systématique de la littérature avec méta-analyse - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Le prurit cholestatique commence classiquement par les paumes et plantes, et se généralise souvent. Il peut être très invalidant et altérer la qualité de vie. Sa fréquence est très variable selon les maladies hépatiques. La prise en charge est complexe et mal codifiée en raison de la grande variété des causes sous-jacentes et du nombre limité d’études.
Matériel et méthodes |
L’objectif était de réaliser une revue systématique de la littérature et une méta-analyse sur l’efficacité des traitements du prurit cholestatique. La recherche se portait sur les articles identifiés par l’algorithme « (hepatitis or cholestatic or liver) and (pruritus or itch) and (management or treatment or treatments) » sur Pubmed et Cochrane library, sur la période 1975–2019.
Résultats |
Parmi les 2264 articles identifiés, 93 ont été sélectionnés pour la revue systématique et 15 pour la méta-analyse (études évaluant le prurit avec une échelle visuelle analogique ou EVA). Certaines molécules agissent en réduisant les taux de substances pruritogènes dans le cycle entérohépatique : cholestyramine (3 études), inhibiteurs du transporteur iléal d’acides biliaires (IBAT) (4), drainage biliaire (10). D’autres modifient le métabolisme ou la sécrétion de ces pruritogènes dans le foie ou l’intestin : acide ursodésoxycholique (15 études), rifampicine (8), S-adénosylméthionine (7), fibrates (3). D’autres encore agissent sur les voies du prurit : agonistes et antagonistes des récepteurs opioïdes (14), ondansétron (5), sertraline (4). La dialyse à l’albumine (MARS) est aussi possible (10). Du fait de l’hétérogénéité, concernant le critère d’inclusion avec différentes maladies hépatiques, le critère d’évaluation (principal ou secondaire, différentes mesures du prurit), le type d’études (randomisé, ouvert, avec souvent de faibles effectifs), il est difficile de dégager une tendance. Le nombre restreint d’études randomisées utilisant l’EVA a permis d’inclure uniquement 15 études dans la méta-analyse.
Discussion |
Ainsi, les niveaux de preuve quant au traitement du prurit cholestatique sont faibles. Les recommandations actuelles pour le traitement du prurit cholestatique proposent une approche par paliers en utilisant en première intention la cholestyramine, puis la rifampicine, la naltrexone et la sertraline. Les patients ne répondant pas aux traitements standard doivent être inclus dans des essais cliniques, ou essayer des approches novatrices comme la MARS. La recherche fondamentale doit se poursuivre ainsi que la réalisation d’essais randomisés. Le développement de nouvelles molécules prometteuses (fibrates, inhibiteurs d’IBAT) pourrait enrichir l’arsenal thérapeutique.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Méta-analyse, Prurit cholestatique, Prurit chronique
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A332-A333 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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