Psoriasis et sexualité : les patients s’expriment - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Souffrir d’un psoriasis peut entraver la vie intime, engendrer des craintes ou des frustrations dont il n’est pas toujours facile de parler et qui sont trop peu souvent prises en compte…
Objectifs |
Peau avait souligné que près de 10 % des personnes atteintes de psoriasis déclaraient que cette maladie était source de difficultés au sein de leur vie de couple, et 15 % qu’elle avait un impact sur leur vie sexuelle. Les objectifs de cette étude étaient d’apporter la contribution des patients eux-mêmes à la description des conséquences du psoriasis sur leur sexualité, d’évaluer leur ressenti et de décrire leurs besoins.
Matériel et méthodes |
Tous les participants ont été invités par France Psoriasis (association de patients) à remplir un questionnaire digital. Le questionnaire s’intéressait aux répercussions du psoriasis sur la vie intime, aux difficultés rencontrées et aux attentes des patients. Afin de respecter la liberté de chacun, ils avaient la possibilité de ne pas répondre aux questions qu’ils considéraient comme trop intimes. Nous avons également effectué des régressions logistiques multivariées afin d’analyser les facteurs liés à l’absence de rapport sexuel lors du dernier trimestre à cause du psoriasis et à l’abord de la sexualité en consultation par le médecin en charge du psoriasis.
Résultats |
Au total, 1409 patients ont répondu au questionnaire (38,5 % d’hommes). L’ancienneté du psoriasis était de 23,2±15 ans. Les deux tiers des patients déclaraient être en couple (74 %) et 73 % avoir au moins un enfant ; 29 % déclaraient avoir un rhumatisme psoriasique. Au total, 1182 patients (83 %) ont répondu à au moins une question sur la sexualité. Parmi eux, 67 % reconnaissaient que le psoriasis avait impacté leur vie sexuelle et 41 % déclaraient qu’il y nuisait toujours ; 27,4 % rapportaient l’absence de rapport sexuel lors du dernier trimestre à cause de leur psoriasis, lié en multivarié à l’ancienneté du psoriasis (OR 1,23 [1,12, 1,35] p<0,001) et aux traitements injectables (OR 0,46 [0,31, 0,69], p<0,001). La dégradation de l’image de soi (19 %) et les démangeaisons (17 %) sont les deux principales raisons évoquées pour expliquer les difficultés sexuelles rencontrées. Cinquante-trois pour cent exprimaient le souhait d’avoir davantage la possibilité d’échanger avec les professionnels de santé au sujet des répercussions de leur psoriasis sur leur sexualité et 5 % déclaraient que le sujet était évoqué par le médecin les prenant en charge ; en analyse multivariée, le fait d’évoquer la sexualité était corrélé à la prise en charge par un dermatologue (OR 3,62 [2,07, 6,63] p<0,001) et à la prise de traitements injectables (OR 2,24 [1,25, 4,02], p=0,007). Pour aider à avoir une vie intime plus épanouie, 25 % préconisaient un recueil de témoignages, 10 % des temps d’échange individuels avec un(e) sexologue et 4 % un répertoire des positions adaptées en fonction des zones douloureuses.
Discussion |
Ces résultats mettent en lumière le fort impact du psoriasis sur la sexualité des patients et la forte demande pour que le sujet soit évoqué durant les consultations, bien que les dermatologues l’abordent plus facilement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Psoriasis, Sexualité
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A329 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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