Caractérisations clinique et histologique des atteintes orales aiguës de réaction du greffon contre l’hôte après injections de lymphocytes du donneur - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
Les injections de lymphocytes du donneur (DLI) sont préconisées dans certaines situations après allogreffe de moelle afin de traiter ou prévenir la rechute d’une hémopathie maligne. La principale toxicité dans ce contexte est la survenue d’une réaction du greffon contre l’hôte (GVH). Plus d’un tiers des patients traités par DLI développent une forme aiguë affectant les mêmes organes qu’au cours des GVH après allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. En revanche, les atteintes buccales aiguës post-DLI n’ont été qu’exceptionnellement décrites. L’objectif de cette étude était de caractériser les lésions buccales apparaissant de façon aiguë après DLI et d’en déterminer l’incidence.
Matériel et méthodes |
Il s’agissait d’une étude monocentrique réalisée de manière rétrospective chez tous les patients traités par DLI entre janvier 2016 et septembre 2019. Ils avaient tous été préalablement traités par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. Les injections étaient réalisées en escalade de doses. Tous les patients présentant une symptomatologie buccale étaient adressés en consultation multidisciplinaire de pathologies buccales pour évaluation clinique et/ou histologique.
Résultats |
Trente-sept patients étaient traités par DLI durant cette période. Parmi eux, douze ont presenté des lésions endobuccales aiguës (32 %) survenant en moyenne après 2,3 cycles et 42jours après le dernier cycle de DLI. Il s’agissait dans la très grande majorité des cas de lésions lichénoïdes (92 %) de type réticulé (50 %) ou ulcéré (42 %). L’analyse histologique (n=3) individualisait un infiltrat lymphocytaire lichénoïde. Ces lésions buccales n’étaient jamais isolées : atteinte cutanée concomitante (83 %, surtout lichénoïde), forme aiguë de GVH hépatique ou digestive (25 % chacune).
Discussion |
Dans notre expérience, l’apparition de lésions orales aigues de GVH après DLI est fréquente et concerne un tiers des patients traités. Ces lésions correspondent typiquement à des réactions lichénoïdes (réticulées, en plaques ou ulcérées). Ceci apparait en contradiction avec les données disponibles de la littérature où les atteintes buccales après DLI n’ont été qu’exceptionnellement décrites en phase aiguë jusqu’ici. Nos résultats soulignent que les lésions orales aiguës de GVH après DLI, qui surviennent chez des patients fragiles avec plusieurs organes atteints, sont fréquentes et que leur incidence est clairement sous-estimée. Il apparaît maintenant nécessaire de caractériser également les atteintes orales de GVH aiguë survenant après allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. On peut cependant suggérer, à la vue de ces données, qu’elles sont probablement de même nature.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : GVH aiguë, Xérostomie
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A324 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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