Paracoccidioïdomycose en Guyane : une mycose systémique au diagnostic dermatologique - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
La paracoccidioïdomycose (PCM) est une mycose systémique due à Paracoccidioïdes spp, transmise par inhalation après manipulation des sols où cette levure se développe. Sa principale présentation est chronique, évocatrice de tuberculose pulmonaire et ganglionnaire associée à une atteinte cutanéomuqueuse. Cette pathologie endémique d’Amérique du Sud (80 % des cas rapportés au Brésil) est également décrite chez des voyageurs au retour de cette zone. Deux séries ont été rapportées en 2009 suggérant une importation de cette mycose en Guyane par les travailleurs brésiliens. L’objectif de cette étude est d’actualiser l’épidémiologie et les caractéristiques cliniques et thérapeutiques de la PCM en Guyane.
Matériel et méthodes |
L’ensemble des cas de PCM de 2004 à 2020 ont été inclus à partir des bases des laboratoires de mycologie et pathologie (examens cutanés, respiratoires et ganglionnaires) de l’hôpital de Cayenne.
Résultats |
Dix patients ont été identifiés de 2004 à 2020 (10 hommes, âge médian : 53 ans [48 - 54], infection à VIH n=1). Huit étaient nés au Brésil, 2 en Haïti. Le délai médian entre l’arrivée en Guyane et l’apparition des symptômes était de 2 ans [1,8–12,5], 4 étant présents sur le territoire depuis plus de 5 ans. Cinq patients déclaraient une profession dont 4 orpailleurs clandestins.
Toutes les présentations étaient chroniques (durée d’évolution médiane : 4 mois [1 - 3]). Une atteinte tégumentaire ulcéreuse ou ulcéro-nécrotique était présente chez 9/10 patients (atteinte faciale : n=7, atteinte muqueuse ORL, n=7) et permettait le diagnostic par un frottis positif avec des éléments levuriformes en « roue de timonier » pathognomoniques de Paracoccidioïdes spp. Tous les patients présentaient une atteinte profonde pulmonaire (n=8) et/ou ganglionnaire (n=8).
Trois patients ont été traités par cotrimoxazole et 7 par itraconazole à partir de 2009 (dont un après une semaine de traitement par amphotéricine B liposomale (ABL) intra-veineuse). Six patients ont pu être suivis jusqu’à guérison : 3 ont obtenu une réponse complète (durée de traitement par antifongiques : 6 à 15 mois), 2 ont rechuté après rupture de traitement et 2 sont décédés d’autres causes (un après rechute).
Discussion |
La PCM est une mycose systémique dont le diagnostic est plus aisé devant des lésions dermatologiques accessibles au frottis. En Guyane, 80 % des patients atteints sont des ressortissants brésiliens. La longue présence sur le territoire de certains d’entre eux et l’inclusion de patients haïtiens suggèrent une possible contamination professionnelle locale par la manipulation des sols. Le traitement prolongé par antifongique systémique expose au risque de perte de suivi mais peut amener à une réponse complète. L’efficacité de l’ABL, fongicide et recommandée par les sociétés brésiliennes, devrait être évaluée chez davantage de patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Guyane, Paracoccidioïdomycose
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A286-A287 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
