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Mutations gain de fonction hétérozygotes de JAK1 : une cause rare et traitable de dermatite atopique sévère - 26/11/20

Doi : 10.1016/j.annder.2020.09.395 
E. Puzenat 1, , R. Mathevet 2, E. Brischoux-Boucher 2, P. Quartier 3, J. Bustamante 4, A. Hovnanian 5, M. Voidey 6, F. Aubin 1
1 Service de dermatologie, CHU Jean-Minjoz 
2 Centre de génétique humaine, université de Franche-Comté, Besançon 
3 Unité d’immunologie–hématologie et rhumatologie pédiatrique 
4 Centre d’études des déficits immunitaires, hôpital Necker–Enfants malades 
5 Service de génétique, Inserm umr 1163 et institut Imagine, université de Paris, hôpital Necker–Enfants malades, Paris 
6 Service de pédiatrie, CHU Jean-Minjoz, Besançon, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Certaines causes génétiques doivent être évoquées devant un eczéma sévère ne répondant pas aux traitements usuels. Nous rapportons le cas d’un enfant atteint d’eczéma sévère dont le bilan a mis en évidence une mutation gain de fonction (GOF) de JAK1, amélioré par un traitement par baricitinib.

Observations

Un petit garçon de 11 ans était suivi depuis l’âge de 6 mois pour une dermatite atopique sévère associée à des allergies alimentaires multiples et à un asthme. Il présentait une dermatite atopique érythrodermique associée à un retard staturo-pondéral. Il n’avait jamais eu de complication infectieuse sévère. Les dermocorticoïdes, le méthotrexate et la ciclosporine étaient inefficaces avec un Scorad moyen à 60. Il avait développé une insuffisance surrénalienne iatrogène liée aux dermocorticoïdes. Il existait une hyperéosinophilie à 1300/mm3 et un taux d’IgE totales à 39 000 UI/mL. Au vu du contexte, une dermatite atopique syndromique était évoquée. L’étude par séquençage haut débit (NGS) a mis en évidence la mutation hétérozygote faux-sens c.415G>A, (p.Glu139Lys) de JAK1. Les études fonctionnelles ont permis de démontrer un impact GOF de la protéine codée par JAK1. L’enfant présentait donc une dermatite atopique sévère liée à une mutation GOF de JAK1. Compte tenu de la gravité du tableau clinique un traitement par inhibiteur JAK1/2 (baricitinib) était débuté. À 3 mois de traitement, la dermatite atopique était contrôlée avec un Scorad à 16. La tolérance clinique et biologique du traitement était excellente.

Discussion

Les protéines JAK (JAK1/2/3 et TYK2) sont des tyrosine-kinases intra-cytoplasmiques. Elles régulent l’expression de gènes impliqués dans l’activation, la prolifération et la différenciation cellulaires. Dans un modèle murin, une mutation GOF de JAK1 conduit à une dermatose prurigineuse avec anomalie de la différenciation et hyperprolifération des kératinocytes et surexpression de protéases à sérine en particulier de peptidases apparentées à la kallikréine, ces dernières ayant un rôle dans l’inflammation cutanée et la fonction barrière de la peau. Une seule publication rapporte le cas d’une famille avec une mutation GOF germinale de JAK1. Ces patients présentaient le même phénotype clinique : une dermatite atopique sévère, un retard staturo-pondéral, des allergies multiples et une hyperéosinophilie sanguine. Un traitement par ruxolitinib (inhibiteur JAK1/2) a permis d’améliorer la dermatose et les paramètres de croissance et a entrainé une réduction de l’hyperéosinophilie. Les mutations gain de fonction de JAK1 sont une cause rare de dermatite atopique sévère héréditaire avec hyperéosinophilie. Le séquençage de ce gène pourrait donc être envisagé chez ces patients.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Anti-JAK, Dermatite atopique, JAK1


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Vol 147 - N° 12S

P. A275-A276 - décembre 2020 Retour au numéro
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