Maladie de Verneuil et statut IGF1 - 26/11/20
Résumé |
Introduction |
La maladie de Verneuil est une affection chronique et récurrente du follicule pilo-sébacé et des glandes apocrines. Les patients sont majoritairement en surpoids voire obèses, suggérant l’implication d’une anomalie nutritionnelle. L’« insulin growth factor 1 » (IGF1) est un facteur de croissance systémique et endocrinien sous le contrôle de l’hormone de croissance (GH) dont le statut est inconnu dans cette pathologie. L’objectif de notre étude était de déterminer le statut IGF1 chez les patients atteints de maladie de Verneuil.
Matériel et méthodes |
Étude monocentrique et rétrospective incluant 41 patients atteints de maladie de Verneuil, hospitalisés dans le service de dermatologie du CHU de Nantes entre novembre 2014 et janvier 2018. Sur 41 patients inclus, deux ont été exclus : taux d’IGF1 très élevé ; anorexie mentale. Pour les 39 autres patients, les données cliniques et biologiques ont été recueillies.
Résultats |
Quarante-neuf pour cent de notre cohorte présentaient un déficit en IGF1, significativement plus jeunes (âge médian 29 ans vs 36 ans — p=0,01), avec une durée médiane de la maladie plus courte (5 ans vs 11,5 ans — p=0,009) et avec un indice de masse corporelle (IMC) significativement plus élevé (32kg/m2 vs 27kg/m2 — p=0,02). La vitamine D était basse pour 95 % des patients (n=37). Les marqueurs de l’inflammation et le bilan hépatique étaient normaux.
Discussion |
Sur le plan physiopathologique, l’IGF1 joue un rôle primordial dans la réduction de la réponse inflammatoire. Ainsi, une baisse des taux d’IGF1 dans la maladie de Verneuil pourrait participer à la chronicité d’une réponse inflammatoire locale et un retard de cicatrisation. Un déficit en IGF1 a également été mis en évidence dans la leishmaniose et les plaies diabétiques et identifiées comme potentiel facteur additionnel d’une inflammation locale chronique entravant la ré-épidermisation. Par ailleurs, il a été montré in vitro que l’IGF1 stimulait la prolifération des kératinocytes, ce qui pourrait jouer un rôle dans l’occlusion de l’orifice folliculaire favorisant la formation des macrocomédons. Dans notre étude, on retrouve 3 fois plus de patients obèses dans le groupe déficitaire en IGF1 en comparaison au groupe IGF1 normal, ce qui sous-tend un rôle de l’axe GH/IGF1. En effet, il a été démontré que l’obésité abdominale exerçait un fort effet négatif sur la sécrétion pulsatile spontanée de la GH. Notre étude comporte des limites : son caractère monocentrique, rétrospectif et le petit effectif entraînant un manque de puissance. Il s’agit de la première étude s’intéressant au statut IGF1 des patients atteints de maladie de Verneuil. Nous retrouvons un profil de patient déficitaire en IGF1 plus jeune, avec une durée de la maladie plus courte et un IMC plus élevé. Ces résultats, qui doivent être confirmés par de nouvelles études prospectives avec une plus grande cohorte, pourraient constituer un premier pas vers de nouvelles approches thérapeutiques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hidradénite suppurée, Insulin growth factor 1, Maladie de Verneuil
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A245 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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