Photosensibilisation aux phénothiazines topiques : étude rétrospective multicentrique - 26/11/20
et
Société française de photodermatologie
Résumé |
Introduction |
Les propriétés photosensibilisantes des phénothiazines topiques sont mal connues. Nous rapportons les résultats d’une étude multicentrique nationale.
Matériel et méthodes |
Entre janvier 2007 et octobre 2019, tous les cas de photosensibilisation de contact aux phénothiazines topiques étaient colligés. Le but de cette étude rétrospective était d’analyser les cas de photosensibilisation aux phénothiazines topiques sur le plan clinique et photobiologique.
Résultats |
Quatorze cas de photoallergie de contact aux phénothiazines étaient recueillis. Tous les patients, ont développé un eczéma sur les sites d’applications au niveau des zones découvertes avec une extension des lésions dans la majorité des cas. Les produits contenant l’isothipendyl étaient les plus souvent responsables (13/14). Un patient avait un eczéma photo-aggravé après application de prométhazine crème. La durée de l’eczéma avant diagnostic était de plus de 3 mois pour 9 cas. Une hospitalisation était nécessaire pour 4 malades. L’évolution était favorable chez tous les malades après l’arrêt de l’application des phénothiazines et traitement par dermocorticoïdes. Un seul patient a récidivé sous forme d’une photosensibilité rémanente pendant 2 ans. Les photopatchs (UVA et/ou spectre solaire) aux phénothiazines topiques testées « tel quel » étaient positifs chez tous les patients (9/9) ainsi que ceux à la chlorpromazine (8/12) et à la prométhazine (7/13).
Discussion |
En France, les phénothiazines sous forme topique (isothipendyl et prométhazine) sont disponibles en vente libre et sont fréquemment utilisées dans le traitement du prurit notamment celui lié aux piqûres d’insectes. Les cas de photosensibilisation de contact aux phénothiazines sont méconnus et très probablement sous-estimés depuis l’arrêt en 2007 de commercialisation de la chlorproéthazine responsable de nombreux cas de photoallergie. Dans notre série, la photosensibilisation était le plus souvent due aux topiques contenant l’isothipendyl. Les réactions étaient sévères dans plusieurs cas nécessitant une hospitalisation ou par la survenue d’une photosensibilité chronique. Lors des explorations photobiologiques, la réaction trouvée aux phénothiazines (chlorpromazine et prométhazine) dans la plupart des cas est expliquée par une parenté chimique extrêmement étroite entre ces diverses molécules et l’isothipendyl.
En conclusion, l’utilisation d’isothipendyl et prométhazine topiques doit être limitée en raison du risque de photosensibilité sévère et de réaction croisée aux autres phénothiazines qui doivent être par conséquent contre-indiquées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Phénothiazines topiques, Prométhazine, Photosensibilisation, Sothipendyl
Plan
Vol 147 - N° 12S
P. A161 - décembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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