Espace coraco-huméral et rupture de la coiffe des rotateurs de l'épaule - 15/04/08
L. Nové-Josserand [1],
A. Boulahia [2],
C. Levigne [3],
E. Noel [4],
G. Walch [2]
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Le conflit antérieur ou coraco-huméral est souvent évoqué mais reste imprécis quant à sa définition aussi bien clinique que radiographique ou même lésionnelle. Le but de notre travail était d'étudier les différents facteurs faisant varier l'espace coracohuméral dans une population de rupture de coiffe.
Notre étude portait sur 206 épaules ayant été opérées pour rupture transfixiante de la coiffe des rotateurs. L'espace Coraco-Huméral (ECH), mesuré en millimètre sur l'arthroscanner pré-opératoire, est défini par la plus courte distance séparant l'apophyse coracoïde de la tête humérale. L'état musculaire des composants de la coiffe des rotateurs a été noté selon la classification de Goutallier et Bernageau. D'après les données de la littérature, nous avons choisi 6 mm comme valeur limite inférieure de la normale. Les épaules ont été séparées en 3 groupes : les ruptures du supraspinatus ± infraspinatus (59 cas), les lésions isolées du subscapularis (57 cas) et les lésions du subscapularis associées à une rupture du supraspinatus ± infraspinatus (90 cas).
Il existait une relation statistique entre la diminution de l'ECH et le délai d'évolution des symptômes et le début non traumatique. En l'absence de lésion du subscapularis (groupe 1), l'ECH moyen était de 9 mm ± 2 et dans 3 cas, l'ECH était inférieur à 6 mm. Dans le groupe 2 des lésions isolées du subscapularis, les résultats étaient similaires avec une moyenne à 9mm et 3,5 p. 100 d'ECH inférieur à 6 mm. Par contre c'est dans le groupe 3 des ruptures les plus larges que l'on retrouvait le plus grand pourcentage d'ECH inférieur à 6 mm (27 p. 100) avec une moyenne de 7,7 mm ± 3,5. Le tendon du long biceps n'a pas d'influence sur l'ECH. Il existait une forte relation statistique entre l'ECH et la dégénérescence musculaire du subscapularis (p < 10-4), mais également avec la dégénérescence musculaire de l'infraspinatus (p = 0,0004). Enfin, il existait une relation statistique entre espace coraco-huméral et espace sous-acromial.
Les mesures de l'ECH dans le groupe des lésions isolées du subscapularis montraient que l'apophyse coracoïde n'est pas le facteur mécanique responsable de la rupture. La diminution de l'ECH était la conséquence d'une rupture large de la coiffe des rotateurs aux dépens du subscapularis et de l'infraspinatus. La lésion isolée du subscapularis est une condition nécessaire mais insuffisante à elle seule. La lésion et surtout la dégénérescence musculaire de l'infraspinatus sont les autres conditions nécessaires. Le contrôle horizontal de la tête humérale dépend du couple musculaire subscapularis-infraspinatus. La diminution de l'ECH correspond, selon l'hypothèse de Patte à une translation antérieure horizontale de la tête humérale secondaire à la dégénérescence musculaire du subscapularis et de l'infraspinatus.
Coracohumeral space and rotator cuff tears |
Purpose of the study |
The anterior or subcoracoïd impingement is often mentionned but remains unprecise as far as clinical, radiological or even anatomical lesion are concerned. The purpose of our work was to study the different factors influencing the subcoracoïd space in case of cuff tear.
Methods |
Our study was based on 206 shoulders operated for full-thickness rotator cuff tear. The SubCoracoïd Space (SPS), measured in millimeters on pre-operative arthro-CT-scan, was defined by the shortest distance between the coracoïd process and the humeral head. Muscular statement of the rotator cuff componants was graded according to Goutallier's and Bernageau's classification. According to literature data, we chose "6 mm" value as an inferior limit for normality. Shoulders were dispatched into three groups: group 1 was composed of supraspinatus ± infraspinatus tears (59 cases), group 2 was composed of isolated lesions of the subscapularis (57 cases) and group 3 was composed of large cuff tears (supraspinatus ± infraspinatus) involving also the subscapularis (90 cases).
Results |
There was a statisticaly significant relationship between SCS narrowing, duration of symptoms and the non-traumatic onset. When there was no subscapularis lesion (group 1) the mean SCS was 9 ± 2 mm, in 3 cases the SCS was inferior to 6 mm. In group 2 (isolated lesion of the subscapularis), the results were similar with 9 mm as an average and 3,5 p. 100 SCS inferior to 6 mm. On the contrary, in group 3 we found the major percentage of SCS inferior to 6 mm (27 p. 100) with an average of 7,7 ± 3,5 mm. The long head of the biceps had no influence on the SCS. There was a strong statisticaly significant relationship between SCS size and fatty degeneration of the subscapularis muscle (p < 10-4) and infraspinatus muscle (p = 0,0004). Eventually, there was a statisticaly significant correlation between the subcoracoïd space and the sub acromial space.
Discussion |
Measurements of the SCS in isolated lesions of the subscapularis show that the coracoïd process is not the mechanical factor responsible for tendon rupture. SCS narrowing is the consequence of a large cuff tear involving both the subscapularis and the infraspinatus tendon. Subscapularis tear is a necessary but not a sufficient condition by itself for SBS narrowing. Complete tear of the infraspinatus tendon and above all the muscular degeneration of the infraspinatus muscle is the other necessary condition for SCS narrowing.
The horizontal control of the humeral head depends on subscapularis-infraspinatus muscular balance control. According to Patte's hypothesis SCS narrowing corresponds to an horizontal anterior translation of the humeral head due to fatty degeneration of subscapularis and infraspinatus muscle.
Mots clés : Épaule. , rupture de coiffe. , espace coraco-huméral. , subscapularis. , infraspinatus.
Keywords:
Shoulder.
,
cuff rupture.
,
coraco-humeral space.
,
subcapularis.
,
infraspinatus.
Plan
© 1999 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Vol 85 - N° 7
P. 677 - novembre 1999 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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