Exposition à la créosote : une campagne d’évaluation et de prévention - 27/09/20
, Christine Warein 1, Patricia Kisic Alviarez 3, Clara Palgen 2Résumé |
Contexte |
Les traverses de bois sous rail sont depuis plus de 150 ans traitées par la créosote, huile obtenue par distillation des goudrons de houille. Ce traitement prolonge la durée de vie des traverses ou bois de classe de risque 4 exposés à une humidité toujours supérieure à 20 % tels que les bois en contact avec le sol, de quelques années à 40 ans. Depuis janvier 2014, seule la créosote de type C peut être utilisée en France. La créosote de type C, comme les autres classes de créosote, est classée cancérogène 1B selon le règlement CE n°1272/2008, et le tableau de maladie professionnelle n°16bis du régime général permet l’indemnisation de pathologies cancéreuses induites par la créosote. Parmi les très nombreux composants de la créosote, ceux qui sont toxicologiquement les plus préoccupants sont les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), dont on distingue 3 grandes catégories : les HAP lourds (plus de 4 cycles) dont le représentant est le benzo(a)pyrène, présent en faible concentration, les HAP légers (2 à 3 cycles) comme le naphtalène, et les HAP intermédiaires à 4 cycles, comme le pyrène, les plus abondants.
Objectif |
L’inspection du travail a demandé qu’une évaluation de l’exposition aux HAP soit réalisée dans une population de travailleurs exposés à la créosote lors de l’activité de déchargement de traverses.
Méthode |
Une campagne de biométrologie a été réalisée dans une population de 9 travailleurs, selon un protocole établi en concertation avec la Cellule de Toxicologie de la SNCF. Cette campagne a été couplée à des prélèvements au niveau des voies respiratoires du Benzo(a)pyrène. Le protocole a consisté à mesurer le 1-hydroxypyrène (1-OHP), métabolite du pyrène, HAP non cancérogène) et le 3-hydroxybenzo(a)pyrène (3-OHB(a)P), métabolite du Benzo(a)pyrène, HAP cancérogène) par recueil urinaire au cours d’une semaine de travail exposant à la créosote. Des prélèvements ont été réalisés au premier, quatrième et cinquième jour de travail. L’activité se déroulait avec des phases de travail de jour et de nuit.
Résultats |
Notre étude a retrouvé des valeurs de 3-OHB(a)P inférieures aux valeurs limites décrites par l’INRS en population générale. Nous retrouvons une augmentation de l’élimination du 1-OHP au cours de la semaine de travail, préférentiellement chez les fumeurs. Des mesures de prévention ont été renouvelées.
Conclusion |
Malgré une attention soutenue de l’entreprise sur les principes de prévention de ce risque cancérogène concernant les différents moyens de prévention organisationnels (substitution), collectifs (délai de séchage des traverses) et enfin individuels (règles d’hygiène, équipements de protection), la prévention nécessite d’être poursuivie.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hydrocarbures, Créosote, Biométrologie, Cancérogène, Prévention
Plan
Vol 81 - N° 5
P. 651 - octobre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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