Audit régional sur la prise en charge des infections urinaires en établissements de santé - 22/08/20
Résumé |
Introduction |
En établissements de santé (ES), la prévalence des patients traités pour une infection urinaire (IU) était de 2,9 % dans l’enquête de prévalence nationale de 2017. Suite aux dernières recommandations, l‘objectif était d’évaluer la démarche diagnostique et le traitement des IU en ES.
Matériels et méthodes |
Un groupe de travail collaboratif, porté par l’OMEDIT, le CPIAS et le Centre régional de conseil en antibiothérapie a élaboré un audit. Audit proposé aux ES de la région. Inclusion prospective de toute IU traitée par antibiotique (ATB) sur 6 mois. Données cliniques et paracliniques colligées et évaluation de la prise en charge (indication, posologie, réévaluation) par un binôme (dont référent ATB).
Résultats |
De janvier à décembre 2018, 33 ES s’étaient inscrits, soit 28,7 % des ES de la région. Mille douze épisodes d’IU ont été inclus (chez 1005 patients). L’âge moyen était de 72±19,2 ans et le sex-ratio de 1,9. Plus de 80 % des patients présentaient au moins 1 facteur de risque de complication (RDC). Une sonde vésicale était présente chez 29,0 % (284/1005), une anomalie de l’arbre urinaire chez 20,1 % (195/1005) et une insuffisance rénale chronique sévère chez 11,7 % (96/819). Les signes cliniques les plus fréquents étaient la fièvre (38,8 %, 390/1005), les signes « aspécifiques » (confusion, chute, rupture avec l’état antérieur) (21,8 %, 219/1005) et les brûlures mictionnelles (20,1 %, 202/1005). Le diagnostic était le plus souvent « IU non précisée » dans 24,5 % (246/1005). Les pyélonéphrites étaient présentes dans 24,7 % (248/1005), les IU masculines dans 22,1 % (222/1005) et les cystites RDC dans 15,5 % (156/1005). Un ECBU était réalisé chez 990 patients (98,5 %). E. coli représentait 59,3 % des isolats (616/1039). La fréquence des bactéries multirésistantes était de 9,9 % (95/957, NP=82). Sur 1570 ATB, les plus prescrits étaient les céphalosporines de 3e génération (31,0 %), les fluoroquinolones (21,7 %) puis l’amoxicilline (9,9 %), l’amoxicilline–acide clavulanique (8,2 %), les aminosides (6,0 %) et le cotrimoxazole (5,2 %). Les ATB critiques générateurs de résistance représentaient 61,5 % (965/1570) des cas, les ATB critiques de réserve 2,4 % (37/1570). La durée moyenne de traitement était de 10,2±6,1jours. Alors que l’indication, la dose et la voie d’administration étaient bien respectées (respectivement pour 90,3 %, 82,8 % et 90,2 % des cas), la durée était jugée pertinente dans seulement 68,7 % des cas et le choix ATB dans 73,1 %. Le taux de réévaluation à 72h était de 69,2 % (577/1005, NA 115) et à j7 de 44,6 % (245/551).
Conclusion |
Cet audit a permis de décrire une large série d’IU en ES. Les critères diagnostiques, en particulier les facteurs de RDC étaient encore mal connus, ce qui pouvait conduire à des choix thérapeutiques (molécule et durée) moins pertinents. Suite à ce travail, une plaquette sur les IU a déjà été diffusée et des formations aux prescripteurs vont être conduites par les référents ATB en coordination avec le CRCA dans chaque ES.
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Vol 50 - N° 6S
P. S51 - septembre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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