Psychose induite par cocaïne - 29/05/20
, S. Berrouiguet 1, 2, 3, M. Walter 1, 2, C. Lemey 1, 2, 3Résumé |
La consommation de cocaïne est en augmentation en France, en Europe, et dans le monde ces dernières années. En l’espace de 5 années, elle est devenue la deuxième drogue illicite la plus consommée dans le monde après le cannabis. La prise de cocaïne provoque un état psychotique transitoire qui habituellement se résout par l’arrêt de la consommation.
Nous avons effectué une revue de la littérature narrative sur les bases de données électroniques Medline, EMBASE, PsycINFO, et Google Scholar décrivant les cas de consommation de cocaïne ayant causé des épisodes psychotiques.
Les troubles psychotiques aigus débutent en général quelques heures après la prise de cocaïne et se corrigent vingt-quatre heures après la consommation. Cependant, des prises répétées pourraient favoriser l’apparition de troubles psychotiques chroniques chez certaines personnes.
Les caractéristiques de la psychose induite par cocaïne sont :
– éléments paranoïaques : méfiance, persécution, crainte d’être découvert durant la consommation de cocaïne, le fait d’être suivi ou blessé par la police, des ennemis inconnus ou des bandits ;
– hallucinations visuelles : ombres, flashs de lumière ;
– hallucinations tactiles : formications définies par une sensation semblable à des insectes rampant sur la peau, également appelées « cocaine bugs » ou « signe de Magnan » ;
– délire dermatozoïque ou syndrome d’Ekbom : trouble délirant se manifestant par la sensation d’être infesté par des insectes ou des parasites internes, favorisé par les formications.
La prise en charge thérapeutique de l’épisode psychotique aigu consiste en une hospitalisation, une sédation si le sujet est agité, et la mise en place d’un traitement d’un antipsychotique de seconde génération en première intention.
Mais le traitement principal consiste en l’arrêt de la consommation de cocaïne :
– avec premièrement le sevrage par une prise en charge symptomatique ;
– puis deuxièmement le maintien de l’abstinence, qui sera pharmacologique, psychothérapeutique et sociothérapeutique.
Enfin, il ne faudra pas oublier de traiter les comorbidités telles que les épisodes dépressifs caractérisés, les co-addictions, le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, et la prise en charge des conduites suicidaires.
En conclusion, la consommation de cocaïne provoque des effets secondaires psychiatriques, plus précisément une psychose induite par cocaïne, qui présente des particularités sémiologiques propres.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Psychose Induite par cocaïne, Cocaïne, Psychose
Plan
Vol 1 - N° S2
P. S93 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
