Un cas de syndrome de référence olfactive du post-partum - 29/05/20
Résumé |
Introduction |
Le syndrome de référence olfactive (SRO) est une affection caractérisée par la fausse croyance que l’on émet une odeur corporelle faute ou offensant. Il est décrit pour la première fois en 1971 par Pryse-Phillips. Nous rapportons un cas de syndrome de référence olfactive du post-partum. À travers ce cas nous montrons que le SRO peut être retrouvé parmi les troubles psychiques du post-partum et nous discuterons la nosographie de ce syndrome.
Observation clinique |
Fatou est âgée de 24 ans, elle est femme au foyer, primigeste et primipare, sans antécédent psychiatrique personnel. Elle nous a été référée par le gynécologue pour hallucination olfactive évoluant depuis deux ans après son accouchement éclair à domicile. Sa prise en charge était faite à domicile par la sage femme du village. Elle perçoit une odeur nauséabonde de pet sortant de ses aisselles qui fait qu’elle se douche beaucoup et se parfume sans que l’odeur ne disparaisse. Elle est gênée, dit-elle, elle ne peut plus sortir pour rencontrer les gens. Cette odeur n’a jamais été perçue par les autres. L’examen gynécologique et des autres appareils sont sans particularité. L’examen psychiatrique, elle retrouve une hallucination olfactive avec un évitement social et une anxiété réactionnels. Nous avons retenu le syndrome de référence olfactive du post-partum. La prise en charge est faite à base de psychothérapie de soutien et de rispéridone 2mg par jour. Une évolution favorable était notée après un mois de traitement avec reprise des contacts sociaux.
Discussion |
La plupart des cas de SRO ont été rapportés chez des hommes jeunes. Sa présence chez la femme est considérée comme atypique. Notre observation vient également montrer que quelques rares cas sont retrouvés chez la femme. Mieux ce syndrome peut apparaître parmi les troubles du post-partum comme on le constate à travers notre cas.
Cependant la place du SRO est toujours discutée. Les classifications telles que le DSM-5 ne le mentionne que dans la section « Autres méthodes spécifiées de contrôle obsessionnel compulsif et troubles connexes ». Alors que tant dans le DSM-IV-TR que dans la Classification Internationale des Maladies 10e version (CIM10), les patients recevant des SRO sans discernement peuvent répondre aux critères d’un trouble délirant (type somatique).
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Syndrome de référence olfactive, Femme, Puerpéralité, Nosographie
Plan
Vol 1 - N° S2
P. S139-S140 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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