Interactions médicamenteuses graves induites par des médicaments prescrits en dermatologie - 20/11/19
Résumé |
Introduction |
La polymédication est une situation à risque très fréquente notamment chez la personne âgée. Le but de cette étude était d’estimer dans notre région, le nombre et la nature des interactions médicamenteuses graves survenues chez des personnes âgées et induites par des médicaments prescrits en Dermatologie. Quels médicaments sont les plus concernés ? Ces interactions sont-elles évitables ?
Matériel et méthodes |
Tous les cas d’interactions médicamenteuses graves déclarés au Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV), entre 2003 et 2017, chez des patients de 65 ans et plus et impliquant des médicaments prescrits couramment en dermatologie (antibiotiques, antifongiques, antihistaminiques, colchicine …) ont été colligés. Un cas était considéré comme « grave » s’il entraînait le décès, une mise en jeu du pronostic vital, ou une incapacité ou invalidité, une hospitalisation ou une prolongation d’hospitalisation.
Résultats |
Entre 2003 et 2017, 118 cas d’interactions médicamenteuses graves ont été enregistrés. Vingt-huit concernaient des spécialités couramment utilisées en Dermatologie dont 23 concernaient une interaction avec un anti-vitamine K (AVK). Les spécialités en cause étaient des antibiotiques dans 17 cas (acide fusidique 1 cas, clarithromycine 1 cas, amoxicilline ou amoxicilline+acide clavulanique 6 cas, pristinamycine 2 cas..), un anti-fongique systémique dans 1 cas (fluconazole), colchicine dans 3 cas, des loratadine dans 1 cas, nivolumab dans 1 cas. Il s’agissait de 14 femmes, 9 hommes, d’âge moyen 83,5 ans. Parmi les 23 cas d’interaction avec un AVK, le critère de gravité correspondait à « une mise en jeu du pronostic vital » dans 1 cas et à « une hospitalisation ou prolongation d’hospitalisation » dans 22 cas avec 5 cas d’hématomes, 4 cas de méléna, 1 cas d’hémarthrose, 1 cas d’hémothorax et 1 cas de déglobulisation.
Discussion |
Près d’un quart des interactions graves rapportées durant cette période, dans notre région, concerne des médicaments fréquemment prescrits en Dermatologie. Pour la colchicine, les céphalosporines, les anti-fongiques et les fluoroquinolones, l’interaction avec les AVK est connue et l’association fait l’objet de précautions d’emplois. Pour les autres antibiotiques, le contexte infectieux et l’état général du patient ont pu participer à l’augmentation de l’activité des AVK. Concernant la desloratadine l’interaction n’est pas connue mais l’enzyme impliquée dans son métabolisme n’a pas encore été identifiée, le risque d’interaction ne peut être exclu. Concernant le nivolumab, il n’existe aucune donnée sur un risque d’interaction, toutefois 4 autres cas d’élévation d’INR sont recensés dans la base mondiale de pharmacovigilance.
Conclusion |
Cette étude montre que la plupart des cas d’interactions graves concernent des spécialités pour lesquelles le risque d’interaction est connu. La survenue de ces évènements graves souvent liée à la prise d’AVK est donc potentiellement évitable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : AVK, Gériatrie, Interactions médicamenteuses
Plan
Vol 146 - N° 12S
P. A50-A51 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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