Dermatite actinique chronique récalcitrante traitée avec succès par thalidomide - 20/11/19
Résumé |
Introduction |
La dermatite actinique chronique (DAC) appartient à un cadre nosologique unifié réunissant plusieurs photo-dermatoses ayant des caractéristiques cliniques, histologiques, immunohistolochimiques, photo-biologiques et évolutives communes. En absence de schéma thérapeutique standardisé, sa prise en charge est difficile et souvent décevante.
Nous rapportons un cas de DAC récalcitrante traitée avec succès par le thalidomide.
Observations |
Un homme de 52 ans, de phototype IV, suivi depuis 2006 pour une DAC traitée vainement par des dermocorticoïdes et divers agents systémiques (corticoïdes, chloroquine, méthotrexate, ciclosporine), s’est présenté pour une poussée de sa maladie. L’examen dermatologique a révélé une infiltration des extrémités, un aspect léonin du visage une nuque rhomboïdale, une hypertrophie et une hyperlaxité cutanée du scalp donnant l’aspect de cutis verticis gyrata. La biopsie cutanée montrait un épiderme acanthosique hyperplasique et un infiltrat lympho-histiocytaire périvasculaire et périfolliculaire. L’immunohistochime mettait en évidence l’expression de CD3 et CD8. Un traitement oral par thalidomide (100mg/jour) était initié. Au bout de 3 mois, l’évolution était marquée par une désinfiltration progressive des lésions, la régression de l’aspect léonin et celui de cutis verticis gyrata maintenue après 4 mois de recul.
Discussion |
La DAC est une photo-dermatose idiopathique rare et sévère. Sa prise en charge thérapeutique est difficile avec une réponse inconstante et incomplète. Dans les formes récalcitrantes, les traitements proposés sont souvent le fait de cas isolés ou de petites séries L’efficacité du thalidomide dans la DAC a été rapportée uniquement en 2005. Notre observation constitue le 2e cas. Son mode d’action est mal connu, mais il existe clairement une immunomodulation, par la diminution de la production de TNF-α et la stimulation des lymphocytes sécrétant l’interféron-γ. Cependant, il expose à un certain nombre d’effets indésirables (neurologique et digestif). Sa prescription est limitée par son effet tératogène et le risque au long court de neuropathie sensitive périphérique. Un traitement séquentiel est à privilégier.
Conclusion |
Le thalidomide dans la DAC sévère récalcitrante, après échec des immunosuppresseurs, semble un traitement prometteur. Il devrait être considéré comme un arsenal thérapeutique de la DAC en 3e ligne.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Dermatite actinique chronique, Photo-dermatose, Thalidomide
Plan
Vol 146 - N° 12S
P. A331-A332 - décembre 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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