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Un cas de syndrome d’activation macrophagique après bithérapie ciblée pour un mélanome métastatique - 20/11/19

Doi : 10.1016/j.annder.2019.09.516 
Q. Samaran 1, , 2, D. Belakebi 1, 2, C. Girard 1, 2, A. Du Thanh 1, 2, O. Becquart 1, 2, B. Guillot 1, 2, O. Dereure 1, 2, C. Lesage 1, 2
1 Dermatologie, CHU de Montpellier 
2 Université de Montpellier, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Introduction

Les thérapies ciblées ont transformé le pronostic des patients atteints de mélanomes métastatiques mais ces molécules peuvent engendrer des effets indésirables graves.

Observations

En septembre 2018, un traitement par dabrafenib-trametinib était introduit chez un patient de 72 ans pour un mélanome métastatique avec cibles ganglionnaires, sous-cutanées et pulmonaires.

La posologie du dabrafenib était rapidement adaptée (100mg×2/j) devant une fièvre prolongée persistante.

La 1re réévaluation scannographique montrait une réponse partielle satisfaisante.

À 5 mois de traitement, le patient présentait un tableau clinique associant fièvre fluctuante à 39,9°C, frissons, toux sèche et diarrhée, le conduisant à suspendre le traitement. Quelques jours plus tard, il était hospitalisé devant un purpura des membres inférieurs (Appendix BFig. 1a) associé à une hypotension. Une éruption morbilliforme avec atteinte de la face (Appendix BFig. 1b) et un ictère conjonctival étaient également notés.

Le TDM TAP réalisé à l’entrée mettait en évidence une splénomégalie (Appendix BFig. 2). Le bilan biologique montrait une insuffisance rénale aiguë, une hyponatrémie, une cytolyse hépatique (> 4N), une cholestase ictérique, une rhabdomyolyse (> 10N), une CRP à 200mg/L, une thrombopénie (54 G/L), une lymphopénie (0,85 G/L), une ferritine à 22 400μg/L, des triglycérides à 2,72g/L, des LDH à 902 UI/L et une réactivation EBV à 1470 copies. Un myélogramme mettait en évidence de rares images d’hémophagocytose.

Un diagnostic de syndrome d’activation macrophagique (SAM) était retenu avec un score de probabilité de Saint-Antoine>99 %. Une imputabilité de la bithérapie ciblée était suspectée.

Après suspension du traitement, une amélioration rapide du tableau était observée. Un relais par vemurafenib-cobimetinib était introduit à posologie progressivement croissante sous surveillance hospitalière, sans récidive de la symptomatologie.

Discussion

Dans la littérature, sont rapportés des cas de SAM associés à des mélanomes évolutifs, des cas de SAM secondaires à des traitements de mélanome par immunothérapie (anti-CTLA4 et anti-PD1) et un cas de SAM sous dabrafenib-trametinib mais en seconde ligne, après une immunothérapie. Aucun cas n’est rapporté après une bithérapie ciblée en 1re ligne.

Le centre régional de pharmacovigilance signale au niveau national 3 cas de SAM sous dabrafenib dont 1 avec réactivation EBV synchrone. Dans la base de données de l’OMS, 5 cas de SAM et 2 cas de lymphohistiocytose hémophagocytaire sont trouvés.

L’analyse d’imputabilité pour notre patient était en faveur d’un possible rôle de la bithérapie ciblée dans la survenue du SAM et de l’infection EBV, qui, elle-même, a pu engendrer le SAM.

Conclusion

Nous rapportons un cas de SAM après une bithérapie ciblée pour un mélanome métastatique en 1re ligne. Ce diagnostic rare mais potentiellement grave doit être envisagé devant une fièvre associée à des cytopénies.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Mélanome cutané, Syndrome d’activation macrophagique, Thérapie ciblée


Plan


 Les illustrations et tableaux liés aux abstracts sont disponibles à l’adresse suivante : https://doi.org/10.1016/j.annder.2019.09.516.


© 2019  Publié par Elsevier Masson SAS.
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Vol 146 - N° 12S

P. A310-A311 - décembre 2019 Retour au numéro
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