Place des traitements immunosuppresseurs au cours de la prise en charge de la dermatite atopique - 06/07/19
Place of immunosuppressors in atopic dermatitis
RÉSUMÉ |
La dermatite atopique est une dermatose inflammatoire chronique qui est habituellement prise en charge par l’association de dermocorticoïdes, d’émollients et de conseils d’hygiène. L’utilisation de certains immunosuppresseurs par voie locale dans les formes d’intensité modérée et moyenne et l’utilisation de la ciclosporine par voie orale dans les formes sévères ont amélioré très nettement sa prise en charge. Deux produits ont été particulièrement étudiés par voie locale : le tacrolimus qui existe sous la forme de pommade à 0,1 % et 0,03 % pour l’enfant. De nombreux essais thérapeutiques ont démontré son efficacité et sa bonne tolérance dans le traitement des lésions de l’enfant ou de l’adulte. Il est particulièrement indiqué sur les zones où la corticothérapie locale est contre indiquée comme le visage, les paupières, les fesses et les grands plis chez l’adolescent. Il est également indiqué en deuxième intention lors de l’échec du traitement par dermocorticoïdes. Les effets secondaires sont avant tout des réactions locales avec survenue d’irritation, de prurit dans les trois jours qui suivent l’application. Le produit doit être évité en cas d’herpès et nécessite une protection solaire. Le deuxième immunosuppresseur utilisé par voie locale est le pimecrolimus qui n’a pas l’autorisation de mise sur le marché en France. Son efficacité et sa tolérance sont très proches de celles du tacrolimus. Par voie orale, la ciclosporine A est la seule à avoir une indication en France. Elle est indiquée à des doses de 4 à 5 mg/kg/j au début du traitement. L’efficacité est très nette en cas de forme sévère, la diminution et l’arrêt doivent être très progressifs pour éviter des phénomènes de rebond. Une surveillance rigoureuse de la fonction rénale et de la tension artérielle s’impose. Le méthotrexate a été utilisé également dans les essais thérapeutiques dans les formes sévères d’atopie avec une réelle efficacité en cas d’échec du traitement précédent. Il n’a pas d’indication encore en France. Quelques biothérapies sont en cours d’étude comme l’omalizumab ou le retuximab. Des essais thérapeutiques avec un plus grand nombre de patients sont nécessaires pour confirmer une éventuelle efficacité de ces biothérapies.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.SUMMARY |
Use of immunosuppressors in the treatment of atopic dermatitis is an important innovation that reinforces the therapeutic arsenal in this chronic disease. Two such drugs are used topically for the treatment of atopic dermatitis. Tacrolimus exists in pommade form at a concentration of 0.1 % for adults and 0.03 % for children. Pimecrolimus, another calcineurine inhibitor with similar efficacy and tolerability, is not marketed in France. These products inhibit cytokine production by antigen-stimulated T lymphocytes. Their clinical efficacy has been demonstrated in many studies in the United States and Europe. They are particularly valuable for patients whose clinical course is marked by disease persistence and frequent flares, which would otherwise require almost continuous topical corticosteroid treatment. Topical calcineurine inhibitors may also have a significant benefit in patients with involvement of sensitive skin areas, such as around the eyes, face, neck and genital area, where systemic absorption and the risk of skin atrophy are particular concerns. The most frequent adverse effects are a local erythema-like reaction with burning and pruritus at the outset of treatment. No significant increase in bacterial or viral infections has been noted by comparison with control groups, and no systemic impact has been reported. However, these drugs should not be used in patients with a history of Kaposi-Juliusberg disease or in patients with herpes. Photoprotection measures must be respected. New trials with tacrolimus show that atopic lesions can be controlled by treating subclinical inflammation twice weekly between flares, thereby preventing flares and prolonging the flare-free interval. This new therapeutic approach is called proactive treatment. The efficacy of oral cyclosporine at 4-5 mg/kg/day in severe forms of atopic dermatitis is now well demonstrated. There is consistent evidence that oral cyclosporin is beneficial in patients whose disease is not adequately controlled by conventional topical therapies, leading to a significant improvement in health-related quality of life. Other immunosuppressors like methotrexate and some biologics (omalizumab, retuximab, etc.) show good efficacy during flares of severe forms, but larger comparative studies are needed before recommending these new treatments in severe atopic dermatitis.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Dermatite, Calcineurine/antagonistes et inhibiteurs, Tacrolimus/antagonistes et inhibiteurs, Cyclosporines, Méthotrexate
Key-words (Index medicus) : Dermatitis, Calcineurin/antagonists and inhibitors, Tacrolimus/antagonists and inhibitors, Cyclosporins, Methotrexate
L’auteur déclare avoir eu des activités de conseil, d’évaluation scientifique, de recherche pour les laboratoires suivants : Astellas, Novartis, Glaxo smith Klein. Tirés à part : Professeur Yves de Prost, même adresse |
Vol 196 - N° 3
P. 643-651 - mars 2012 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.