Pneumopathie interstitielle dans un service de médecine interne: étude descriptive de 47 cas - 17/05/19
, F. Brahimi, W. Lafred, T. Bounzira, H. Bacha, M. BoucelmaRésumé |
Introduction |
La pneumopathie interstitielle est un groupe hétérogène d’affections du tissu pulmonaire pouvant être idiopathique ou secondaire à plusieurs pathologies. Son diagnostic est un problème fréquent et difficile dont rend compte la multiplicité des étiologies.
Patients et méthodes |
Nous avons réalisé une étude rétrospective sur une période de 13 ans au sein du service de médecine interne. Quarante-sept cas de pneumopathie interstitielle ont été colligés.
Résultats |
Il s’agissait de 10 hommes et 37 femmes, soit un sex-ratio H/F de 0,27. L’âge moyen était de 48 ans (extrême de 22 à 78 ans). Quatre hommes étaient tabagiques. Les signes respiratoires subjectifs étaient présents chez 46 malades à type de dyspnée (30 cas) et de toux sèche (25 cas). Un patient était asymptomatique. L’examen physique retrouve un hippocratisme digital dans 3 cas. Des râles crépitants sont présents dans 15 cas et des râles bronchiques dans 6 cas. 45 malades ont bénéficié d’une radiographie du thorax qui a trouvé un syndrome interstitiel bilatéral. On a eu recours à un scanner thoracique dans 39 cas qui a confirmé le diagnostic d’atteinte pulmonaire interstitielle dont 4 déjà au stade de fibrose. À l’exploration fonctionnelle respiratoire 19 patients avaient un syndrome restrictif, et un syndrome obstructif chez 5 patients. Les manifestations extra-pulmonaires associées étaient réparties comme suit: une atteinte articulaire (21 cas), cutanée (23 cas), un syndrome de Raynaud (9 cas), une atteinte digestive (19 cas), neurologique (7 cas), oculaire (16 cas), musculaire (9 cas) rénale (6 cas), ORL (9 cas) ou cardiaque (2 cas). Les anticorps antinucléaires étaient positifs chez 7 patients. L’enzyme de conversion de l’angiotensine était élevée dans 9 cas. La biopsie des glandes salivaire, réalisée chez 18 patients, a montré une sialadénite dans 8 cas et un granulome dans 2 cas. L’étiologie a été reconnue chez 42 patients: sclérodermie (5 cas), lupus érythémateux systémique (3 cas), syndrome de Sjögren (4 cas), sarcoïdose (19 cas), polyarthrite rhumatoïde (1 cas), connectivite mixte (2 cas), granulomatose avec polyangeïte (1 cas), myopathies inflammatoires (6 cas), une pneumoconiose était retenue chez une patiente. Chez 5 malades, aucune étiologie n’a été retrouvée après exploration et la pneumopathie interstitielle a été classée alors idiopathique. Vingt-huit patients avaient reçu une corticothérapie dont 9 pour l’atteinte pulmonaire. Un traitement immunosuppresseur était associé dans 13 cas. Le traitement d’attaque était représenté par: le cyclophosphamides (2 cas), l’azathioprine (7 cas) et le méthotrexate (2 cas). Le traitement d’entretien était soit l’azathioprine (3 cas), le méthotrexate (2 cas) ou le léflunomide (1 cas). L’évolution a été marquée par l’installation d’une fibrose pulmonaire dans 4 cas et la survenue d’une surinfection pulmonaire dans 2 cas.
Conclusion |
La pneumopathie interstitielle peut révéler la maladie systémique mais peut survenir au cours de son évolution. La prise en charge précoce et adaptée reste un élément pronostic.
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Vol 40 - N° S1
P. A151 - juin 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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