Syndrome cannabinoïde - 27/04/19
Résumé |
Les cannabinoïdes regroupent les substances se liant aux récepteurs cannabinoïdes (CB1Rs et CB2Rs) présents dans le corps humain. Les cannabinoïdes peuvent être classés selon différentes modalités [1] :
– selon leur origine : on distingue ainsi les endocannabinoïdes (l’anandamide [AEA] et le 2-arachydonylglycerol [2 AG] sont le mieux étudiés) produits naturellement par le corps humain, les phytocannabinoïdes (principalement delta-9-tetrahydrocannabinol [THC] et cannabidiol [CBD]) et les cannabinoïdes de synthèses (vendus illicitement pour un usage récréatif ou commercialisés comme médicament) ;
– selon leur activité pharmacologique : l’AEA se lie aux CB1Rs et peu aux CB2Rs. Le 2AG se lie aux CB1Rs et CB2Rs avec une haute affinité. Le THC a une affinité modérée pour CB1Rs et CB2Rs et est un agoniste partiel des CB1Rs. Le CBD a une faible affinité pour CB1Rs et CB2Rs mais pourraient avoir des activités sur d’autres voies de neurotransmission (TRPV1). Les cannabinoïdes synthétiques aujourd’hui utilisés pour un usage récréatif sont généralement des agonistes de CB1R et CB2R avec une plus grande affinité pour ces récepteurs en comparaison de celle des endo- et des phytocannabinoïdes pour ces mêmes récepteurs.
Ce sont probablement ces différences pharmacologiques (associées aux concentrations/quantité des substances actives consommées) qui sont à l’origine des différents tableaux cliniques observés [1]. Les problématiques cliniques rencontrées avec ces types de substances sont actuellement triples :
– longtemps considéré comme peu toxique en aigu, le cannabis semble être responsable de tableaux cliniques neurologiques sévères. Cette toxicité serait liée à l’augmentation au cours des dernières années de la concentration de THC et du ratio THC/CBD (le CBD ayant un possiblement un rôle protecteur) dans le cannabis consommé [2] ;
– les tableaux cliniques d’intoxications aigues par cannabinoïdes de synthèse sont très variables en fonction de la molécule consommée empêchant toute démarche diagnostique basée sur la clinique seule ;
– le cannabidiol est récemment consommé « pur » et sa toxicité reste mal évaluée.
Enfin, a été décrit au cours des dernières années, le « syndrome d’hyperémèse cannabinoïde » qui se présente généralement par des troubles digestifs aigus incoercibles. Ce syndrome est en réalité lié à une consommation chronique de cannabis et a été également décrit après consommation de cannabinoïdes synthétiques [3].
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Vol 31 - N° 2S
P. S47-S48 - mai 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.

