Devenir et qualité de vie à trois ans dans une cohorte de patients traumatisés crâniens graves - 01/01/02
Résumé |
Objectifs : Le devenir tardif des patients traumatisés crâniens graves (TCG) ont été analysés avec des mesures des déficiences, des incapacités et du handicap social, mais leur qualité de vie (QDV) a été beaucoup moins évaluée, et pas par une analyse directe de la QDV subjective des patients et de leur entourage. Le but de ce travail était d'évaluer ce devenir et la QDV, avec ses facteurs prédictifs, trois ans après un TCG, dans une cohorte homogène de patients.
Matériel et méthodes : Nous avons sélectionné tous les patients adultes de l'agglomération lilloise admis au CHU en 1995 après un TCG. Chacun fut évalué au domicile, en présence d'un proche, avec le document EBIS. Celui-ci analyse les antécédents, les données initiales, les séquelles (déficiences, incapacité, handicap social) et la QDV des patients (estimée par le patient et par un proche : 0-10 sur une échelle visuelle analogique) et des proches. Les relations entre les facteurs explicatifs potentiels et les QDV ont été analysées par des tests de corrélations.
Résultats : Parmi les 33 patients, 23 survivaient à trois ans. Le score moyen du GCS initial était de 5,6/15 et la durée moyenne de coma de 18,5 jours. À trois ans, les déficiences physiques étaient habituellement discrètes, l'atteinte intellectuelle plus importante et les problèmes affectifs et comportementaux encore plus sévères. Le GOS était de 6 chez un patient, 4-5 chez sept, 2-3 chez sept et de 0-1 chez huit. La dépendance dans les activités élaborées était plus sévère que dans les activités élémentaires. La QDV subjective des patients était discrètement inférieure (m = 5,48/10) à celle évaluée par les proches (m = 5,91). Celle des proches était aussi sévèrement réduite (m = 5,45). Les troubles cognitifs et comportementaux, la dépendance dans les activités élaborées et la GOS étaient les facteurs influençant le plus la QDV des patients ; les troubles comportementaux et la dépendance dans les activités élaborées pour la QDV des proches.
Conclusion : La réduction de la QDV des patients et des proches était parallèle à trois ans. Les troubles affectifs et comportementaux ainsi que la dépendance dans les activités élaborées influençaient de façon prépondérante ces QDV.
Mots clés : Traumatisme crânien grave ; Qualité de vie ; Famille ; Réinsertion ; Devenir.
Abstract |
Objectives: The late outcome of patients with severe traumatic brain injury (STBI) has been investigated by measuring deficits, disability and social handicap, but their quality of life (QOL) has been less evaluated, and not by a direct analysis of the subjective patient “and relatives” QOL. The aim of this study was to investigate this outcome and the QOL, with its predictive factors, 3 years after STBI, in a homogenous cohort of patients.
Material and methods: We selected all adult patients from the Lille area (north of France) admitted in the CHU in 1995 following STBI. Each was evaluated at home, in the presence of a close relative, using the EBIS document. This one investigates the medical history, initial status and late outcome, as well as the subjective QOL of patients (evaluated by the patient and by a close relative: 0-10 on an analogical visual scale) and close relatives. Relationships between possible explanatory factors and QOL were analysed using correlation tests.
Results: Among the 33 patients, 23 survived at three years. The mean initial GCS score was of 5,6/15 and the mean coma duration of 18.5 days. At three years, physical deficits were usually discrete, intellectual deficits more important and the emotional and behavioural problems even more severe. The GOS was of 6 in one patient, 4-5 in seven, 2-3 in seven and 0-1 in eight. Dependence in advanced activities was more sever than in elementary activities. The subjective QOL of patients was discretely lower (m = 5,48/10) than that estimated by close relatives (m = 5,91). The relatives QOL was similarly reduced (m = 5,45). The factors most influencing the patients QOL were the cognitive and behavioural problems and the dependence in the advanced activities and the GOS for the patients QOL, and the behavioural problem and the dependence in advanced activities for the relatives QOL.
Conclusion: The reduction of the patients “and relatives” QOL was parallel at three years. Emotional and behavioural problem as well as the dependence in advanced activities mainly explained these QOL.
Mots clés : Severe traumatic brain injury ; Quality of life ; Family ; Insertion ; Outcome.
Plan
Vol 45 - N° 8
P. 466-473 - novembre 2002 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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